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07/05/2015 10:02 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

Burundi: 4e décès dans les affrontements de jeudi, hors de Bujumbura (police)

Une quatrième personne est morte jeudi, selon la police, dans les affrontements au Burundi, constituant le premier décès enregistré hors de la capitale du pays, secoué depuis douze jours par des manifestations d'opposants à un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.

La victime, un adolescent de 15 ans, a été tuée par un policier dans la commune de Gisozi, à quelque 80 km au sud-est de Bujumbura. "Il semble que le policier ripostait à des tirs qui provenaient de manifestants", a dit le porte-parole de la police nationale Liboire Bakundikize.

Le Burundi est le théâtre depuis le 26 avril de manifestations anti-troisième mandat émaillées de heurts parfois violents entre opposants, partisans du président et police. Au total, 18 personnes sont mortes dans les violences.

Les quartiers périphériques de Bujumbura concentrent l'essentiel de la contestation depuis une dizaine de jours. La police y cantonne les protestataires pour les empêcher d'aller faire une démonstration de force dans le centre-ville.

La province a aussi été le théâtre de rassemblements, mais d'envergure incomparable avec ceux de la capitale. Et c'est la première fois qu'un décès y est recensé.

Le policier auteur du coup de feu mortel à Gisozi "serait intervenu après un appel de quelqu'un qui se plaignait qu'on coupait ses arbres pour barrer la route", a poursuivi M. Bakundikize, ajoutant que ce policier avait été "arrêté pour les besoins de l'enquête".

En plus de Bujumbura et Gisozi, le porte-parole de la police a fait état de manifestations jeudi du côté de Rumonge, à quelque 70 km au sud de la capitale.

Il a par ailleurs dit que la RN7, l'une des principales voies de communication vers le centre du pays et l'une des principales voies de transport des marchandises importées de Tanzanie, était bloquée à une quarantaine de km au sud-est de Bujumbura, à un endroit où des manifestations se déroulent depuis deux jours.

La coupure de la nationale commence à se faire sentir dans la capitale où des pénuries d'essence, de charbon de bois et de farine de manioc sont constatées.

Pierre Nkurunziza, déjà élu deux fois en 2005 et 2010, a été investi le 25 avril par son parti candidat à la présidentielle du 26 juin.

Ses opposants jugent un troisième mandat anticonstitutionnel, ce que lui-même et son camp réfutent.

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