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07/05/2015 11:57 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

Bénin: 20 interpellations après des heurts police/manifestants mercredi

Une vingtaine de personnes ont été interpellées mercredi à Cotonou lors d'affrontements entre la police et des manifestants proches de l'opposition béninoise, a-t-on appris jeudi auprès d'un de leurs avocats et de sources policières.

Le calme était revenu jeudi dans la capitale économique du Bénin, mais un des responsables de l'opposition interrogé par l'AFP a promis de nouvelles actions dans les jours à venir.

L'opposition avait appelé à manifester mercredi à la suite de la tentative d'interpellation, plus tôt cette semaine, du député de l'opposition Candide Azanaï "pour incitation à la haine, menace à la sûreté de l'État et menace contre (la) personne" du chef de l'État Thomas Boni Yayi.

La manifestation avait été interdite par les autorités, mais des centaines de manifestants étaient quand même descendus dans les rues du centre ville. Un important contingent de forces de l'ordre les y attendaient, qui ont fait usage de gaz lacrymogènes et ont reçu des jets de pierre en retour.

"Au total 20 personnes ont été interpellées hier", a déclaré jeudi à l'AFP Joseph Djogbenou, un de leurs avocats. Deux cadres de la police ont également parlé d'"une vingtaine d'interpellations" sous couvert d'anonymat.

Après la dispersion de la marche mercredi, des petits groupes de manifestants avaient continué à brûler des pneus en scandant des slogans hostiles au régime.

"Nous avons prévu plusieurs actions à venir. Des actions successives à intensité progressive. Et pour cela, il nous faut poursuivre les concertations", a déclaré Séraphin Agbahoungbata, vice-président de Alternative Citoyenne (opposition), sans donner plus de détails.

M. Boni Yayi avait porté plainte contre le député Azanaï, lui reprochant d'avoir tenu contre lui des propos injurieux dans le cadre de la campagne des élections législatives du 26 avril.

Lundi, alors que des gendarmes se présentaient au domicile du député, une manifestation spontanée de partisans avait fait échouer la tentative d'interpellation. Le lendemain, mardi, le président décidait d'annuler sa plainte, selon le procureur général du tribunal de première instance de Cotonou.

Après les législatives fin avril, la campagne électorale se poursuit au Bénin en prévision des élections municipales et locales du 31 mai.

Le ministre de l'Intérieur Simplice Codjo Dossou a déclaré cette semaine que "compte tenu des risques perceptibles d'affrontements, de troubles à l'ordre public et de violences(...) toutes les marches sont interdites jusqu'à la fin du processus électoral".

Une interdiction perçue comme "une dérive autocratique" par les manifestants qui ont défié la loi mercredi.

Le parti au pouvoir FCBE (Forces Cauri pour un Bénin émergeant) a remporté les élections législatives, mais n'a obtenu que 33 sièges sur 83 et n'a donc pas la majorité absolue qu'espérait le président Boni Yayi pour mener à bien son second mandat, qui prend fin l'année prochaine.

L'opposition l'accuse de longue date de vouloir "tripatouiller" la Constitution pour briguer un troisième mandat, ce qu'il dément formellement.

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