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07/05/2015 08:33 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

Belgique: début du procès d'une filière de recrutement de jihadistes pour la Syrie

Le procès de l'une des plus importantes filières de recrutement de jihadistes pour la Syrie jamais démantelée en Belgique s'est ouvert jeudi à Bruxelles, dans un palais de justice placé sous haute protection.

Trente-deux personnes devront répondre au cours des prochaines semaines de participation à un groupe terroriste. La moitié d'entre elles seront toutefois jugées par contumace, soit parce qu'elles se trouvent toujours en Syrie, soit par ce qu'elles y ont trouvé la mort.

Le procès s'est ouvert devant le tribunal correctionnel quatre mois après les attentats de Paris, et le démantèlement quelques jours plus tard à Verviers, dans l'est de la Belgique, d'une cellule qui projetait une attaque imminente contre des cibles policières dans le pays.

L'un des principaux absents du procès est d'ailleurs celui qui est considéré comme le "cerveau" de cette cellule, Abdelhamid Abaaoud.

L'homme avait échappé au coup de filet, au cours duquel deux de ses présumés complices ont été tués lors d'un échange de coups de feu avec la police. En février, ce Belge d'origine marocaine de 27 ans, un temps repéré en Grèce, a revendiqué la préparation d'attentats en Belgique, et affirmé avoir rejoint les rangs du groupe Etat islamique en Syrie.

A Bruxelles, il n'est toutefois pas jugé pour le dossier de Verviers mais pour avoir été l'un des maillons d'un vaste réseau de recrutement de combattants, dans le cadre d'enquêtes ouvertes en 2012 et 2013 qui avaient débouché sur 55 perquisitions et l'interpellation de 74 personnes.

Abaaoud est également accusé "d'enlèvement de mineur", à savoir son propre frère Younès, qui avait rejoint la Syrie en janvier 2014 à l'âge de 13 ans, et qui a été surnommé "le plus jeune jihadiste du monde" par certains médias. Leur père, Omar Abaaoud, sans nouvelle de ses deux fils, s'est porté partie civile contre son aîné.

Le second prévenu clé, qui comparaît détenu, est un Bruxellois de 41 ans, Khalid Zerkani, qui selon la justice était très actif dans le recrutement, en particulier de jeunes musulmans bruxellois, qu'il poussait par des prêches tenus dans des lieux de prière improvisés à prendre part au jihad armé.

Selon son avocat Steve Lambert, Khalid Zerkani conteste toutes les charges portées contre lui. Selon l'administration pénitentiaire, il a toutefois poursuivi en prison son activité de propagande avant d'être mis à l'isolement.

Les autres prévenus sont principalement considérés comme des recruteurs ou des combattants. Des femmes sont accusées d'être parties se marier avec un jihadiste en Syrie ou d'y avoir envoyé de l'argent. Le verdict n'est pas attendu avant la fin mai.

La Belgique est un des pays les plus touchés en Europe par le départ de combattants en Syrie. Entre 300 et 400 Belges y sont partis ces dernières années.

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