NOUVELLES
07/05/2015 16:40 EDT | Actualisé 07/05/2016 01:12 EDT

Athènes mise sur l'Eurogroupe du 11 mai pour décrocher une partie des prêts

La Grèce oeuvre pour arriver à "un communiqué positif" sur les négociations avec ses créanciers lors de la réunion lundi des ministres des Finances de la zone euro, espérant le déblocage d'une partie des prêts, a indiqué jeudi le porte-parole du gouvernement.

"Nous travaillons pour avoir une déclaration positive lors de l'Eurogroupe du 11 mai (...) et nous espérons que cela ouvrira la voie pour verser de l'argent" au pays, a indiqué Gabriel Sakellaridis lors de son point de presse hebdomadaire à Athènes.

Il a précisé que l'argent attendu par la Grèce pourrait venir "du Mécanisme de sauvetage européen (MES) et de la BCE", faisant allusion à une somme de 1,9 milliard d'euros détenue par la BCE dans le cadre des gains réalisés sur des obligations grecques rachetées en 2010.

Selon certains analystes, une déclaration positive de l'Eurogroupe pourrait permettre à la Banque centrale européenne d'élever mercredi prochain le seuil de 15 milliards d'euros de bons du Trésor que la Grèce peut émettre, ce qui donnerait un peu d'air au pays en état de pénurie financière.

Au total, Athènes attend le versement de la dernière tranche des prêts UE et FMI provenant du deuxième plan d'aide de 2012, soit un montant de 7,2 milliard d'euros.

Les créanciers ont retardé le versement de cette tranche depuis septembre 2014 pour faire pression sur le gouvernement grec et lui faire adopter une série de réformes visant à augmenter les recettes publiques.

Ce sont ces "réformes" qu'Athènes et les créanciers sont en train de discuter depuis le 20 février, lors de l'accord passé entre le nouveau gouvernement de gauche radicale et les créanciers, et qui a prolongé le plan d'aide au pays jusqu'à la fin juin.

Toutefois les discussions, qui vont continuer jeudi et vendredi, peinent à déboucher sur un accord car Athènes résiste à prendre de nouvelles mesures de rigueur, qui pourraient compromettre ses promesses électorales.

Les points de divergence entre la Grèce et ses créanciers sont les réformes sur les retraites, la sécurité sociale et le marché de travail.

Après une longue période de stagnation des discussions, les deux parties se sont dites ces derniers jours plus optimistes sur la conclusion d'un accord prochainement même si, de l'avis général, ce ne sera pas pour l'Eurogroupe de lundi.

"Nous sommes près actuellement à un compromis honnête ce qui n'était pas le cas il y a 20 ou 30 jours", a indiqué Euclide Tsakalotos, ministre adjoint des Affaires étrangères chargé des questions économiques internationales et nommé récemment coordinateur des négociations avec les créanciers après le coup de froid entre le ministre controversé grec des Finances Yanis Varoufakis et ses homologues de la zone euro.

Euclide Tsakalotos a précisé lors d'une conférence à Athènes jeudi soir que le gouvernement "partageait l'avis des créanciers sur les objectifs de la conclusion d'un accord" mais qu'"il y avait des divergences sur les moyens pour réaliser ces objectifs".

De son côté, Yanis Varoufakis a confirmé lors d'une conférence à Bruxelles qu'un accord sera conclu "bientôt", selon son discours publié dans un communiqué ministériel.

Parmi les réformes qui pourraient être conclues dans un premier accord avec les créanciers, selon le ministre, figurent "les privatisations, la limitation du nombre de pré-retraites", de nouvelles règles "sur la TVA", "la gestion des finances publiques d'ici 2020 et la création d'une Autorité indépendante pour les impôts".

Selon le ministre, dans un deuxième temps, après le mois juin, il pourrait y avoir un accord sur la restructuration de la dette publique grecque et des mesures pour financer la croissance.

hec/fpp