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07/05/2015 12:54 EDT | Actualisé 07/05/2016 05:12 EDT

Assemblée de Québecor: TVA Sports est là pour rester, martèle Pierre Dion

PC

MONTRÉAL _ "TVA Sports est là pour rester", a martelé Pierre Dion, président et chef de la direction de Québecor, à l'occasion de l'assemblée des actionnaires, jeudi à Montréal.

M. Dion a répété son message plus d'une fois, parce que dans la documentation remise au CRTC pour faire valoir ses demandes en matière de versement de redevances d'abonnement pour sa chaîne TVA Sports auprès de Bell, Québecor avait laissé entendre que le montant de ces redevances était crucial pour l'avenir de la chaîne spécialisée.

Or, lorsqu'il a tranché, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a penché en faveur de la position de Bell quant à ces redevances pour TVA Sports. M. Dion s'en dit "déçu" mais ne baisse pas les bras pour autant.

Il a expliqué l'apparente contradiction entre le message alors livré au CRTC et celui qu'il a livré lors de l'assemblée des actionnaires par le fait que la documentation avait été soumise au CRTC il y a plusieurs semaines, bien avant les séries éliminatoires de la Ligue nationale de hockey. Il a dit qu'il voulait alors bien faire comprendre au CRTC l'importance des redevances d'abonnement pour une chaîne de télévision spécialisée.

Mais les choses ont changé depuis, selon lui. M. Dion s'est dit confiant qu'avec le nombre d'abonnés en hausse, qui vient de passer le cap des deux millions, TVA Sports réussira éventuellement à obtenir sa "part équitable" des redevances d'abonnement et que le CRTC va revoir sa décision.

"Ce qu'on retient dans les commentaires dans la décision du CRTC, c'est qu'on va pouvoir très bientôt rediscuter de ces redevances-là face aux résultats exceptionnels que vit TVA Sports", a résumé M. Dion.

Ombre de PKP

Par ailleurs, l'ombre de l'actionnaire de contrôle de Québecor, Pierre Karl Péladeau, est revenue hanter la haute direction, bien qu'elle ait cherché encore une fois à prendre ses distances de M. Péladeau, député péquiste de Saint-Jérôme et candidat à la direction du Parti québécois.

"Je ne me souviens pas de la dernière fois que j'ai eu une rencontre avec Pierre Karl; ça fait très longtemps", s'est exclamé M. Dion, au cours d'une rencontre avec la presse qui a suivi l'assemblée des actionnaires.

"Pierre Karl n'est plus dans les affaires de l'entreprise depuis des mois et des mois. Il a très peu de contacts comme tels", a-t-il ajouté.

"Il ne s'immisce pas du tout" dans la gestion quotidienne de Québecor, a assuré à son tour l'ancien premier ministre du Canada Brian Mulroney, qui siège au conseil d'administration et était aux côtés de M. Dion à l'assemblée.

M. Mulroney a toutefois convenu que "Pierre (Dion), comme chef de la direction, exerce un certain processus de consultation de temps à autre", notamment auprès de M. Péladeau. "Il le faut, parce qu'il est actionnaire de contrôle. Parce que si le conseil d'administration décidait de vendre TVA ou de poser un geste dramatique, ça serait approprié qu'il soit consulté, parce qu'il serait appelé à voter", a justifié M. Mulroney.

Pierre Karl Péladeau a été nommément remercié par M. Dion, durant l'assemblée des actionnaires, pour avoir transmis "un legs inestimable" et avoir été "un gestionnaire visionnaire". Sa photo a même été projetée à l'écran.

Un représentant du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MEDAC), Willie Gagnon, a cherché durant l'assemblée à savoir comment avait voté l'actionnaire de contrôle de Québecor, M. Péladeau, s'il avait exercé directement son droit de vote ou s'il l'avait délégué. La haute direction s'est engagée à vérifier et à lui répondre éventuellement.

Rémunération et sans-fil

M. Gagnon, du MEDAC, a également tenté de faire adopter une proposition stipulant que la rémunération des cinq plus hauts dirigeants de l'entreprise fasse l'objet d'un vote consultatif auprès des actionnaires. Sa proposition a toutefois été battue.

"Le salaire du plus haut dirigeant chez vous, M. Dion, qui est de 10 841 000 $, représente 229 fois le salaire moyen chez vous. C'est un salaire qui ressemble à celui qu'il y a dans les très grandes banques canadiennes", a critiqué M. Gagnon durant l'assemblée.

M. Mulroney s'est empressé de nier ces chiffres. Dans les faits, cette "rémunération totale" de 10 841 238 $ de M. Dion inclut le salaire de 1 056 667 $, plus 8 117 100 $ d'options d'actions, 1 523 971 $ d'incitatifs annuels et 143 500 $ en valeur du régime de retraite.

Par ailleurs, M. Dion s'est réjoui de l'annonce du CRTC, mardi, voulant qu'il réglementera les tarifs de gros imposés par Bell Mobilité, Rogers Communications et Telus aux autres entreprises de services sans fil comme Québecor.

M. Dion y voit un geste susceptible de favoriser la concurrence pour le bien des consommateurs. Il n'a toutefois pas voulu s'avancer quant à savoir si cela l'inciterait à prendre de l'expansion dans les autres provinces au cours des prochains mois. Le CRTC a en effet établi des tarifs provisoires. Bell, Rogers et Telus devront déposer leurs propositions de tarifs d'ici le 4 novembre prochain.

"On regarde toutes les options. On attend de voir" ce que seront ces tarifs, a répondu M. Dion.

D'autre part, le bénéfice net attribuable aux actionnaires de Québecor a reculé au premier trimestre de l'exercice 2015 par rapport à la période correspondante un an plus tôt.

Le géant québécois des télécommunications rapporte que ce bénéfice s'est élevé cette année à 29,4 millions $, ou 0,24 $ par action de base, comparativement à 39,1 millions $, ou 0,32 $ par action de base, à la même période de 2014, soit un écart défavorable de 9,7 millions $ ou de 0,08 $ par action de base.

Québecor signale également que ses revenus ont progressé, s'étant établis à 948,6 millions $, en hausse de 50,8 millions $ ou de 5,7 pour cent par rapport au premier trimestre de 2014.

L'entreprise a procédé à plusieurs transactions au cours du dernier exercice, comme la vente de ses journaux régionaux du Québec

à TC Média, la vente de ses journaux anglophones à Postmedia et la vente de sa filiale Nurun à Groupe Publicis.

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