NOUVELLES
07/05/2015 12:25 EDT

À Glasgow, jour d'élection et de rêves d'un nouveau référendum écossais

WPA Pool via Getty Images
LONDON, ENGLAND - FEBRUARY 11: Scottish First Minister Nicola Sturgeon answers questions after delivering a speech at University College London on February 11, 2015 in London, England. During her speech, the Scottish First Minister said that the United Kingdom government's austerity economics are 'morally unjustifiable and economically unsustainable'. (Photo by Andrew Matthews - WPA Pool/Getty Images)

John James Swift, 19 ans, a voté jeudi à Glasgow pour donner plus de pouvoirs à l'Ecosse, en passe d'être submergée par un raz-de-marée indépendantiste. Mais aussi, dit-il, avec un espoir: lui offrir un nouveau référendum d'autodétermination.

Installé dans une salle polyvalente en forme de grande cabane en bois, le bureau de vote 158 est situé dans un quartier résidentiel de la banlieue de Glasgow, la plus grande ville de la région septentrionale du Royaume-Uni.

De l'autre côté de la route, le drapeau écossais blanc et bleu est fièrement accroché sur le mur d'un pavillon, de même qu'une pancarte du SNP, le parti nationaliste écossais, auquel les sondages promettent une cinquantaine de sièges sur les 59 dévolus à l'Ecosse, contre seulement six actuellement.

Une victoire de cette ampleur, sur une terre qui fut un fief historique du Labour, constituerait un succès historique pour les indépendantistes et aurait des airs de revanche, après la victoire du "non" au référendum d'indépendance en septembre dernier.

Ce score aux législatives, le SNP le devrait en grande partie à sa chef, Nicola Sturgeon, auteure d'une campagne électorale menée avec maestria.

La dirigeante indépendantiste s'est présentée de bon matin au bureau 158, aussitôt pris d'assaut par une dizaine de journalistes. Signe de l'importance du scrutin en Ecosse, il y a même là une équipe de la télévision japonaise.

Vêtue d'un ensemble vert, souriante, radieuse même, comme si elle savourait la victoire par avance, Sturgeon plaisante avec les photographes, s'excuse de ne pas avoir eu l'idée de leur apporter un petit-déjeuner.

Avant de déclarer, plus sérieusement: "C'est entre les mains des électeurs maintenant. Si l'Ecosse décide de faire confiance au SNP, nous nous battrons pour elle", dit Sturgeon, qui n'est elle-même pas candidate à la Chambre des Communes.

La patronne du SNP quitte rapidement les lieux, la frénésie médiatique retombe, laissant place au flot des électeurs, dont beaucoup reprennent à leur compte les thèmes développés par le SNP tout au long de la campagne.

"L'Ecosse a besoin d'une voix plus forte", dit Mary Johnstone, 86 ans. "Il y a trop de gens qui luttent", ajoute-t-elle, très remontée.

"J'espère que l'Ecosse aura davantage de pouvoirs, et sera plus forte à Westminster", ajoute Sam Aaron, un médecin de 38 ans, en espérant que l'élection profitera au NHS, le service de santé public, menacé par les déficits.

Nostalgiques du référendum

Dans cette banlieue paisible de Glasgow, de nombreux électeurs ont encore à l'esprit le référendum d'indépendance de septembre, vécu comme un rendez-vous manqué avec l'Histoire. Et espèrent une vague SNP de nature à susciter plus ou moins rapidement un nouveau référendum d'autodétermination.

"Je suis vraiment pro-indépendance et j'espère que l'Ecosse remportera suffisamment de sièges à Westminster pour que cela conduise à un nouveau référendum", dit Shaun Mc Garvey, 51 ans, un ingénieur dans le secteur pétrolier.

Et Sam Aaron d’acquiescer: "On croise les doigts!"

Même son de cloche, même rêves, dans un quartier populaire du nord-est de la ville, où les opérations de vote se déroulent dans une grande salle en briques rouges, attenante à une église.

A l'entrée, des équipes du SNP et du Labour tentent de convaincre les indécis, distribuent des tracts.

Vêtu d'une veste "Scottish Labour", rouge, la couleur des travaillistes, Russell Robertson s'emporte contre les enquêtes d'opinion qui voient le SNP ravir une quarantaine de sièges à son parti.

"Je crois que les sondages sont téléguidés par la presse de droite", lâche-t-il.

John James swift, un étudiant de 19 ans, a voté à la mi-journée, avec l'espoir que ces élections contribueront à insuffler d'avantage "d'équité" dans la société britannique.

Mais pas seulement. Lui aussi veut un nouveau référendum, "aussi vite que possible, dans un an et demi", dit-il, bien que l'organisation d'une nouvelle consultation ne fasse pas partie du programme du SNP.

Quoi qu'il arrive, vague indépendantiste ou pas, John Lyons, retraité, pense que le scrutin permettra au moins de faire cesser le snobisme dont la région est, à ses yeux, victime.

"Quel que soit le parti vainqueur, (Labour et conservateurs) ne pourront plus regarder l'Ecosse de la même manière".

Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST

Galerie photo Référendum sur l'indépendance en Écosse: les Unes du lendemain (2014) Voyez les images