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06/05/2015 02:06 EDT | Actualisé 06/05/2015 02:22 EDT

Des solutions pour payer moins de contraventions

Pasquale Harrison-Julien/Radio-Canada

Si certains automobilistes se fient à leur bonne étoile en choisissant de stationner en zone interdite, combien de gens ont dû allonger la monnaie pour avoir mal compris les restrictions indiquées sur un panneau? Ça, les statistiques ne le disent pas.

Un texte de Pasquale Harrison-Julien

Mais nous savons que la Ville de Montréal a pu engranger près de 92 millions de dollars grâce aux constats émis par les agents de stationnement en 2014.

Partout dans le monde, pas juste à Montréal, des gens réfléchissent à des façons de mieux décoder les panneaux de stationnement.

Une application qui décrypte

Pour le Montréalais Samuel Mehenni et son collègue d'origine suisse Arnaud Spuhler, tout a commencé par une contravention. Ils ont alors décidé de développer une application pour que les automobilistes n'aient plus à décrypter ces panneaux.

Le programme localise automatiquement la voiture, analyse la date et l'heure, et indique où il est permis de se garer sans risquer de contravention. Une fois la période de temps de stationnement permise écoulée, une alerte peut être envoyée à l'automobiliste.

« Quand Arnaud est arrivé au Québec il m'a dit : écoute, c'est quoi ces panneaux-là. J'ai jamais vu ça. Donc, on a commencé à brainstormer pour trouver ce qu'on pouvait faire et optimiser le déplacement urbain. »

— Samuel Mehenni

Les deux entrepreneurs se sont appuyés sur les données ouvertes de Montréal, Québec et d'autres villes, qui répertorient tous les panneaux des stationnements. L'application prkng sera mise à l'épreuve à partir du 18 mai auprès des quelques centaines d'utilisateurs. Puis elle disponible pour le tous en juin, à Montréal et aussi à Québec.

À l'automne, il sera aussi possible de réserver une place à distance avec des stationnements privés. Samuel Mehenni voit son application comme étant un outil individuel pour éviter des contraventions, mais aussi social pour réduire la pollution.

« Si on peut faire diminuer le coût de la congestion, en augmentant de façon plus efficace le stationnement, et en diminuant le temps de recherche, on pense qu'on peut avoir un impact sur le déplacement et la mobilité urbaine à long terme. »

— Samuel Mehenni

Des panneaux plus simples

La graphiste Nicole Sylianteng propose de son côté de révolutionner les panneaux.

Quand elle a accroché des prototypes tout près de la fenêtre de son appartement pour recueillir des commentaires, elle a démarré une discussion planétaire. Une idée qui lui est venue, elle aussi, après avoir reçu une contravention dans sa ville natale, Los Angeles.

L'Australie, la Grande-Bretagne, les États-Unis : partout des internautes ont été soufflés par sa version simplifiée de panneaux de stationnement.

Le but ultime de son design est d'évacuer le plus de détails possibles des panneaux et simplement répondre à la question : puis-je me stationner maintenant et pour combien de temps?

« Je savais que mon idée avait une certaine logique. Mais jamais je n'aurais pensé que les gens seraient aussi enthousiastes, et pas seulement aux États-Unis. »

L'enthousiasme s'est transformé en projet concret pour les automobilistes de Los Angeles qui ont vu apparaître de nouveaux panneaux inspirés de ceux de Nicole. Ironiquement, l'idéatrice n'a pas reçu un sou ni même un appel de la mairie. Les droits d'auteurs ne s'appliquent pas aux signes routiers.

D'autres villes l'ont contacté toutefois, pour peut-être aussi adapter ses prototypes. Et la designer interactive a aussi retenu l'attention de son milieu. Elle est toutefois toujours intéressée à ses panneaux, pour voir s'ils auront un impact réel.

« Est-ce que le nombre de contraventions va baisser? Est-ce que les gens économiseront? Est-ce que les panneaux seront compris? »

Los Angeles se donne jusqu'à cet été pour décider si elle gardera sa nouvelle signalisation.

Et à Montréal?

La Ville de Montréal aussi s'intéresse à la problématique du stationnement. Dans son plan d'action sur la ville intelligente et numérique, deux projets soumis par Stationnement Montréal ont été retenus. Le premier souhaite d'ici un an capter les données de stationnement en temps réel. Et dans plus de trois ans, on voudrait lancer une application qui permettra de prédire où il sera possible de stationner.

En avril dernier, le conseiller municipal dans l'opposition Guillaume Lavoie a cité en exemple Los Angeles et veut lancer un concours pour refaire les panneaux. D'ici là, il recueille les photos des panneaux les plus compliqués envoyés par les citoyens.

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