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29/04/2015 07:29 EDT | Actualisé 30/04/2015 06:02 EDT

États-Unis: des milliers de manifestants à Baltimore contre les violences policières

Win McNamee via Getty Images
BALTIMORE, MD - APRIL 29: Students from Baltimore high schools and colleges march in protest chanting 'Justice for Freddie Gray' on their way to City Hall April 29, 2015 in Baltimore, Maryland. Baltimore remains on edge in the wake of the death of Freddie Gray, though the city has been largely peaceful following a day of rioting this past Monday. Gray, 25, was arrested for possessing a switch blade knife April 12 outside the Gilmor Houses housing project on Baltimore's west side. According to his attorney, Gray died a week later in the hospital from a severe spinal cord injury he received while in police custody. (Photo by Win McNamee/Getty Images)

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans le calme mercredi soir à Baltimore, New York et dans plusieurs villes de l'est des Etats-Unis pour réclamer justice après la mort de Freddie Gray, un jeune Noir, et protester contre les violences policières.

Les manifestants ont marché "sans heurts ni incidents majeurs", a précisé la police de Baltimore, qui a toutefois procédé à 18 arrestations. Celles "de 16 adultes pendant la journée", ainsi que "de deux mineurs", a ajouté le chef de la police Anthony Batts lors d'un point presse.  

Au moment de l'entrée en vigueur du couvre-feu auquel la ville est soumise, à 22H00, seules quelques dizaines de personnes occupaient encore le centre de Baltimore. Il prendra fin à 05H00.

"Pas de justice, pas de paix", scandaient les manifestants, parmi lesquels des étudiants et des lycéens, et chantaient: "envoyez ces policiers tueurs en prison, tout le foutu système est coupable".

Sur une des nombreuses pancartes, on pouvait lire: "Les policiers assassins méritent la cellule".

Jonathan Brown, un étudiant de 19 ans, a déclaré à l'AFP: "nous manifestons contre les injustices commises par la police contre les hommes noirs. La police a la gâchette facile. Ca suffit!". 

Les manifestants avaient atteint l'hôtel de ville de Baltimore vers 23H00 GMT, où étaient présentes de très nombreuses forces de police et où des barricades avaient été placées.

Plusieurs centaines de manifestants se sont également rassemblés à New York pour demander justice après la mort à Baltimore de Freddie Gray, un Noir de 25 ans dans des circonstances encore inexpliquées.

Il est décédé le 19 avril des suites d'une fracture des vertèbres cervicales, une semaine après son interpellation par la police, réveillant des tensions raciales latentes suite à une série de bavures policières visant la communauté noire américaine.

Les New-Yorkais ont commencé à se réunir à partir de 18H00 locales à Union Square, dans le sud de Manhattan, suite à un appel lancé sur la page "NYC se bouge et soutient Baltimore" sur Facebook.

Plusieurs d'entre eux ont été arrêtés par la police, qui n'a pas souhaité dire combien étaient détenus. 

Une manifestation qui a rassemblé jusqu'à 1 000 personnes, pour la plupart des jeunes, a fini sa marche devant la Maison Blanche à Washington, en scandant "ces policiers racistes doivent partir", a constaté l'AFP.

"Regardez combien de Noirs ont été tués par des policiers ce mois. Il y en a trop", s'est indigné William Parshay, 27 ans.

Miyeah Cook, 17 ans, est lui déçu d'être "littéralement escorté par la police" pendant cette manifestation. "Ca ne nous aide pas beaucoup."

Une petite manifestation s'est également tenue à Boston, dans le nord-est, selon des médias américains.

Gray «voulait se blesser lui-même»

Plusieurs enquêtes, internes ou indépendantes, ont été ouvertes pour déterminer les conditions dans lesquelles Freddie Gray a été blessé aux vertèbres cervicales et ce qui a causé sa mort, mais de nombreux habitants de Baltimore, et plus largement aux Etats-Unis, estiment qu'il ne s'agit que du dernier exemple en date des brutalités policières auxquelles ils sont régulièrement confrontés.

Mercredi soir, le Washington Post a publié un article dans lequel il évoque la déposition d'un prisonnier qui partageait le fourgon dans lequel avait été embarqué Freddie Gray. 

Il "frappait contre les parois" du fourgon, aurait déclaré ce détenu qui pense qu'il "voulait intentionnellement se blesser lui-même", selon un document de police obtenu par le Post. 

Le quotidien, qui donne pour la première fois des éléments sur ce qui aurait pu se passer à l'intérieur du camion, précise toutefois que le détenu en question ne pouvait pas voir Freddie Gray. 

Des violences sporadiques avaient émaillé la nuit de mardi à mercredi, lorsque trente-cinq personnes ont été arrêtées à la suite de heurts après le couvre-feu, qui doit durer une semaine à Baltimore.

Mais rien de comparable aux émeutes qui ont secoué la ville lundi, juste après la cérémonie d'hommage à Freddie Gray, pendant lesquelles des bandes de jeunes ont en particulier incendié bâtiments et voitures, saccagé des magasins. Une vingtaine de policiers avaient été blessés.

Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, a admis mardi que les violences qui ont enflammé la villes de 620.000 âmes étaient révélatrices d'une fracture latente entre la jeunesse noire et la police.

"Nous avons vu trop d'exemples d'interactions entre la police et (...) des gens, surtout des Afro-américains, souvent pauvres, qui soulèvent des questions troublantes", a-t-il déclaré.

Plusieurs faits divers ces derniers mois, où des Noirs non armés ont été tués par des policiers blancs, avaient provoqué des manifestations qui ont parfois viré aux émeutes, notamment à Ferguson (centre).

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