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29/04/2015 05:34 EDT | Actualisé 29/06/2015 01:12 EDT

Ukraine: la Banque mondiale, plus pessimiste que Kiev, prévoit une chute du PIB de 7,5% en 2015

L'Ukraine, ravagée par un an de guerre dans l'Est industriel, va enregistrer une chute de son PIB de 7,5% en 2015, plus forte que celle de l'an dernier et celle prévue par les autorités ukrainiennes, a estimé mercredi la Banque mondiale.

Le gouvernement ukrainien, comme le Fonds monétaire international (FMI), tablent en effet sur une contraction de 5,5% cette année, après -6,8% l'an dernier.

Selon la Banque mondiale, le conflit dans l'Est, opposant la rébellion prorusse à l'armée ukrainienne et qui a fait plus de 6.100 morts en un an, constitue la principale raison expliquant principalement la contraction du PIB.

"L'Ukraine a un potentiel considérable, mais pour le mettre en oeuvre il faut que la situation dans l'Est se stabilise", est-il écrit dans le rapport de la Banque mondiale.

"L'influence de facteurs extérieurs, c'est-à-dire de facteurs ne dépendant pas directement du gouvernement, restent importante", a souligné une économiste de la Banque mondiale Anastassia Golovatch, lors de la conférence de presse de présentation du nouveau rapport.

"Il s'agit en premier lieu du conflit, qui s'est intensifié lors des premiers mois de l'année, mais aussi d'une demande extérieure qui reste assez faible, de prix des matières premières, dont l'Ukraine est exportatrice, qui restent assez bas", a-t-elle ajouté.

L'économie ukrainienne est à bout de souffle, après plus de deux ans de récession qui a tourné à l'effondrement financier avec le sanglant conflit armé dans l'Est.

L'inflation continue de s'accélérer et la monnaie, la hryvnia, a connue une chute vertigineuse, sa valeur en dollar ayant été divisée par trois en un peu plus d'un an.

Sa dette publique (70 milliards de dollars en 2014) a de plus explosé cette année. En 2015, elle devrait atteindre 94% du PIB contre 40,6% en 2013, selon les estimations du FMI.

Dans ce contexte, le FMI a accordé en mars un nouveau soutien financier à l'Ukraine de 17,5 milliards de dollars sur quatre ans, qui doit servir de socle à un programme de soutien de 40 milliards de la communauté internationale.

En plus de l'apport de pays donateurs, les créanciers privés de l'Ukraine doivent y contribuer à hauteur de 15 milliards de dollars via une restructuration de dette, qui fait l'objet de difficiles tractations actuellement.

"Ramener la dette publique à un niveau raisonnable reste un objectif ambitieux. C'est pourquoi, nous nous attendons à ce que la politique budgétaire reste difficile", a ajouté Mme Golovatch.

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