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Rachel Notley, visage de la gauche albertaine

En Alberta, où se déroule une lutte à trois entre le Parti progressiste-conservateur, le Wildrose et le NPD, les électeurs sont appelés aux urnes dans moins d'une semaine. Dans la province traditionnellement plus à droite, la chef du NPD, Rachel Notley, semble se démarquer. Depuis le débat des chefs qui s'est tenu la semaine dernière, elle est en tout cas devenue la principale cible des progressistes-conservateurs.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Dans la salle de conférence, Rachel Notley est entrée sous un tonnerre d'applaudissements et une musique rythmée. Dans l'assistance, beaucoup de gens avaient en main des pancartes de couleur orange sur lesquelles le nom de la politicienne était écrit.

Dans cette salle où se déroulait un congrès syndical, la chef du NPD albertain a eu droit à un traitement de rockstar. Il faut dire qu'elle était en territoire ami. Dans le monde syndical de l'Alberta, on respecte la femme de 51 ans, qui a eu une carrière d'avocate spécialisée en droit du travail.

« Ça fait longtemps qu'on n'a pas eu quelqu'un comme ça, avec cette énergie. Et puis elle est là pour nous, les travailleurs », note le syndicaliste albertain Guy Desforges.

Le NPD de père en fille

Rachel Notley a la politique dans le sang. Son père, Grant Notley est un personnage bien connu de l'histoire récente de l'Alberta. Il est devenu en 1971, le premier néo-démocrate à être élu au cours d'une élection générale en Alberta. Cette même année, les progressistes-conservateurs, qui sont toujours au pouvoir, remportaient leur premier mandat majoritaire.

Chef du parti pendant plusieurs années, Grant Notley est mort tragiquement dans un écrasement d'avion en 1984. C'était avant que son parti fasse élire le nombre record de 16 députés en 1986.

Presque 30 ans jour pour jour après le décès de son père, Rachel Notley a été élue à la tête des troupes néo-démocrates. Celle qui représente une circonscription urbaine d'Edmonton depuis 2008 ne compte pas que sur son passé et la confiance que lui accorde le monde syndical pour convaincre les Albertains de lui faire confiance.

« J'écoute ce que les Albertains disent, avance-t-elle. Et ils disent qu'ils veulent un gouvernement qui protège les services en santé et en éducation ».

C'est donc entre autres sur ces enjeux que Rachel Notley mise depuis le début de la campagne, critiquant aussi au passage le refus du gouvernement progressiste-conservateur d'augmenter l'impôt des entreprises dans le budget présenté à la fin du mois de mars.

Cible des attaques

Au débat des chefs de jeudi dernier, Rachel Notley était à gauche de Jim Prentice, tant physiquement qu'idéologiquement. Et c'est vers la gauche que le chef du Parti progressiste-conservateur a orienté la plupart de ses attaques. Depuis le débat, le parti qui espère remporter un treizième mandat de suite a aussi placé le NPD au coeur de sa stratégie offensive.

Dans les médias sociaux, on a vu apparaître au cours des derniers jours des publicités conservatrices. Des messages s'attaquant aux propositions économiques à la formation de Rachel Notley et aux effets négatifs qu'ils auraient sur la santé économique de la province selon les progressistes-conservateurs.

Puis il y a eu cette position de la chef néo-démocrate qui a dit qu'elle n'encouragerait pas le controversé projet d'oléoduc Northern Gateway qui doit lier l'Alberta à la Colombie-Britannique. « Il faut quand même reconnaître les réalités économiques de l'Alberta, et c'est qu'il faut que nos produits atteignent les marchés », note le militant progressiste-conservateur Jean-Sébastien Rioux.

Espoirs pour le NPD fédéral?

Il n'y a pas qu'en Alberta où l'on suit de près les faits et gestes de Rachel Notley.

« Le NPD fédéral voit d'un bon œil la popularité du NPD dans cette campagne électorale albertaine. Rachel Notley mène une campagne dynamique qui trouve écho chez les Albertains », note Marc-André Viau, le directeur adjoint des médias du NPD de Thomas Mulcair, un parti qui se prépare pour sa propre campagne électorale et qui n'a qu'un seul député en Alberta.

Si Rachel Notley, comme bien des politiciens et de nombreux électeurs, observe les sondages avec prudence, elle espère bien voir son caucus grossir. Aux dernières élections en 2012, le NPD n'a fait élire que 4 députés sur les 87 de l'Assemblée législative.

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