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29/04/2015 13:29 EDT | Actualisé 29/06/2015 01:12 EDT

Québec envisage la tutelle pour mettre au pas la Commission scolaire de Montréal

QUÉBEC - Le gouvernement Couillard envisage la tutelle pour mettre au pas la Commission scolaire de Montréal (CSDM), la plus importante du Québec.Les libéraux ne digèrent pas le refus de la CSDM d'appliquer des compressions de 9 millions $ sans réduire les services aux élèves. Le ministre de l'Éducation, François Blais, n'a pas apprécié non plus la lettre de la CSDM envoyée aux parents, qui évoque les pires scénarios de réduction de services, du transport scolaire aux services alimentaires.À l'origine de cette confrontation, il y a un rapport de la firme Raymond Chabot Grant Thornton commandé par le gouvernement, qui est très critique sur la gestion à la CSDM. Ce rapport estime qu'il est possible de réduire les dépenses de 9 millions $, sur un budget de 1 milliard $, sans pour autant affecter les services à la clientèle scolaire. Or la commission scolaire n'est pas d'accord. Elle prévoit plutôt que les services aux écoliers seront affectés et elle a prévenu les parents des conséquences éventuelles des compressions.En point de presse mercredi matin, à la sortie de la séance du caucus libéral, M. Blais n'y est pas allé de main morte pour qualifier la riposte de la commission scolaire. Selon lui, cette lettre est «tellement forte et tellement éloignée de ce que recommande le rapport».Quand des journalistes lui ont demandé s'il envisageait la tutelle, il a déclaré: «oui, tout à fait». Il a toutefois ajouté qu'il ne l'annonçait pas mercredi matin, qu'il fallait faire des vérifications, sur des enjeux juridiques notamment.M. Blais a précisé que la commission scolaire doit moderniser sa gestion et doit mettre fin à la «trop grande mainmise du politique sur l'administration», comme il l'a indiqué en Chambre à la période de questions.L'opposition officielle a pris la défense de la CSDM et s'est élevée contre les compressions imposées par le gouvernement. À la période de questions, la porte-parole péquiste en matière d'éducation, Nicole Léger, a soutenu que 221 professionnels perdront leur emploi, en se basant sur les données du rapport.En commission parlementaire sur l'étude des crédits du ministère de l'Éducation, François Blais s'est montré insensible aux arguments de l'opposition. «Je ne comprends pas pourquoi ma collègue (Nicole Léger) s'époumone à défendre la CSDM, alors qu'un rapport indépendant montre bien le chemin à suivre pour revenir à l'équilibre budgétaire dans les meilleurs délais», a-t-il dit.«Je ne m'époumone pas à défendre la CSDM, je défends les enfants en situation particulière, les enfants en difficultés, l'aide aux enseignants», a répliqué Nicole Léger.