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29/04/2015 10:10 EDT | Actualisé 29/06/2015 01:12 EDT

Les opposants s'organisent et prédisent un "flop" de l'Expo de Milan

Les opposants à l'Exposition universelle qui s'ouvre vendredi à Milan ont entamé mercredi cinq jours de protestations, qui font craindre aux autorités des débordements en marge des cérémonies officielles.

Le mouvement "No-Expo" prévoit en particulier une manifestation étudiante jeudi et un cortège le vendredi baptisé "No-Expo May Day", auquel sont attendues quelque 30.000 personnes.

Les opposants à l'Expo-2015 dénoncent le gaspillage d'argent public, les contrats précaires, le recours aux bénévoles et l'endettement dans un climat de crise économique.

"Nous sommes convaincus que le 1er novembre, au lendemain de la clôture de l'Expo, le pays sera plus pauvre qu'avant", estime Luca, un jeune militant et porte-parole du mouvement, joint par l'AFP.

A la veille de ces "Cinq jours de Milan" décrétés par le mouvement No-Expo, les forces de l'ordre ont mené plusieurs opérations contre les quartiers généraux de groupuscules d'extrême-droite ou anarchistes à Milan.

Les policiers ont saisi des pétards, des masques à gaz, des battes de base-ball et du matériel visant à fabriquer des cocktails molotov, rapporte la presse italienne.

Un Allemand a été arrêté pour détention de matériel explosif, selon l'agence AGI.

"Milan se réveille dans un climat de tension et de mauvais présages", s'inquiète le quotidien La Repubblica, alors qu'une partie de la presse rappelle les violences qui avaient émaillé le G8 de Gênes en 2001.

Beaucoup redoutent que des membres du collectif anticapitaliste européen Blockupy se joignent au cortège du 1er mai, et le maire de Milan, Giuliano Pisapia, a demandé un renforcement du dispositif de maintien de l'ordre.

- 'Joyeux énervement' -

"Cet alarmisme est injustifié, il vise juste à détourner l'attention du flop attendu de l'Expo et des mensonges qui ont entouré son organisation", se défend le porte-parole des No-Expo.

Le cortège "No-Expo May Day", qui ne défilera pas devant le site de l'Expo, rassemblera des militants écologistes et pacifistes, des syndicats de base et de simples citoyens, dans une ambiance de "joyeux énervement", assure-t-il.

"Le climat de tension est créé de toutes pièces par les médias. Ils ont juste peur qu'il y aient plus de monde qui défile dans les rues de Milan que de visiteurs dans les pavillons", ajoute-t-il.

Le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, a cependant assuré dimanche que 10 millions de billets avaient déjà été vendus pour la durée de l'Expo.

A deux jours de l'inauguration, le site de l'Exposition universelle de Milan était encore mercredi le théâtre d'un ballet de camions, nacelles et ouvriers, a constaté une journaliste de l'AFP.

Le commissaire de l'Expo, Giuseppe Sala, a expliqué que le mauvais temps avait provoqué des retards dans la finition, mais assuré que "tous les pavillons" seraient ouverts vendredi.

Les abords de l'Expo sont en revanche encore en chantier. La signalisation est presque inexistante, certaines voies d'accès ne sont pas goudronnées et les parkings sont saturés.

Les transports publics milanais ont de plus été paralysés mardi à la suite d'un appel à la grève d'une fédération syndicale protestant contre la trêve de six mois conclue entre syndicats et direction en échange de 500 embauches et de primes salariales.

Des dizaines de responsables politiques doivent participer vendredi à l'inauguration et une cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement, ainsi que 20 millions de visiteurs, sont attendus d'ici à la clôture le 31 octobre.

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