NOUVELLES
29/04/2015 15:10 EDT | Actualisé 29/06/2015 01:12 EDT

Les interventions françaises en Centrafrique

La France, dont des soldats sont accusés de viols sur des enfants en Centrafrique, intervient militairement depuis décembre 2013 dans son ancienne colonie, indépendante depuis 1960, et y a déjà mené plusieurs opérations similaires.

La République centrafricaine a aussi occupé au coeur du continent africain une position stratégique qui a permis à l'armée française d'envoyer des renforts notamment dans les années 1980 au Tchad.

- Les 20-21 septembre 1979, la France organise l'opération militaire Barracuda, au cours de laquelle l'empereur Jean-Bedel Bokassa, alors en Libye, est renversé par des parachutistes français. L'ancien président David Dacko reprend le pouvoir et rétablit la République.

Dénoncé comme un "dictateur sanglant" par les organisations de défense des droits de l'Homme, Bokassa a mené au cours de son règne aux frasques démesurées une répression sanglante et commandité des assassinats d'hommes politiques et officiers de l'armée.

- D'avril 1996 à juin 1997, le pays est secoué par trois mutineries successives. L'opération française Almandin assure la sécurité des étrangers et l'évacuation de 1.600 personnes, puis, en 1997, après l'assassinat de deux militaires français, Paris effectue une opération contre des mutins à Bangui.

Le 15 avril 1998, les derniers éléments militaires français stationnés en Centrafrique quittent le pays. Les forces françaises dont les effectifs se sont élevés en moyenne à 1.400 hommes, stationnés en vertu de l'accord d'assistance militaire signé en 1966, ont notamment contribué à la formation des troupes centrafricaines, et plus récemment, au maintien de la sécurité à Bangui. Elles sont remplacées par une force interafricaine.

- En 2003, 200 militaires français sont déployés dans le cadre de l'opération Boali pour des missions logistiques mais aussi de renseignement et d'instruction, en soutien à une force sous mandat de la Cemac (Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale).

- En 2006 et 2007, la France intervient avec ses Mirage F1 aux côtés de l'armée centrafricaine, pour appuyer les troupes de Bangui dans le nord-est. En mars 2007, plusieurs dizaines de soldats français sont parachutés pour participer à la reprise de l'aéroport de Birao, dans l'extrême nord-est, que les rebelles tenaient.

- Le 30 décembre 2012, 180 militaires français supplémentaires arrivent en renfort à Bangui, dépêchés depuis le Gabon, portant à 580 le nombre de soldats français sur place. Ces renforts interviennent alors que la rébellion centrafricaine de la Séléka a demandé le départ du président François Bozizé (renversé en mars 2013). Une partie de ce renfort est retirée début juin, réduisant l'effectif militaire français à plus de 400 hommes.

- Le 5 décembre 2013, Paris lance l'opération Sangaris pour faire cesser des massacres par la Sélaka, après un vote de l'Onu donnant mandat aux forces françaises d'intervenir. Environ 1.200 soldats français sont déployés pour rétablir la sécurité en appui à une force panafricaine, la Misca, déjà présente dans le pays.

En février 2014, la France envoie 400 militaires supplémentaires pour faire face, à la demande du secrétaire général de l'Onu, à la poursuite des violences intercommunautaires portant à 2.000 l'effectif de la force Sangaris.

Cet effectif est ramené en mars dernier à 1.700 soldats, l'armée française passant progressivement le relais à la force internationale de l'Onu (Minusca) qui a commencé à se déployer en septembre 2014. L'Union européenne a de son côté achevé mi-mars une mission militaire (Eufor RCA, 700 hommes) après avoir passé le relais à la Minusca.

acm-lch/mw/jpc