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29/04/2015 09:51 EDT | Actualisé 29/06/2015 01:12 EDT

Le nouveau chef de la diplomatie saoudienne, un homme de communication

Des attaques du 11-Septembre à la guerre au Yémen, le nouveau ministre saoudien des Affaires étrangères Adel Al-Jubeir a été le pilier de la stratégie de communication du royaume aux Etats-Unis.

Dans le cadre d'un vaste remaniement annoncé mercredi, le roi Salmane a nommé M. Jubeir, 53 ans, à la tête de la diplomatie saoudienne qui a adopté une posture beaucoup plus visible depuis l'accession au trône du nouveau souverain en janvier dernier.

Crâne dégarni et au ton sérieux, Adel al-Jubeir, souvent habillé à l'occidentale, remplace le prince Saoud al-Fayçal qui occupait ce poste depuis 1975, un record mondial de longévité pour un ministre des Affaires étrangères.

"Il est assez jeune" et, contrairement au prince Saoud, "il n'est pas membre de la famille royale", ce qui est très rare, a indiqué à l'AFP une source diplomatique occidentale. "La politique étrangère restera sur les mêmes rails", a-t-il estimé.

M. Jubeir a été l'ambassadeur de Ryad à Washington ces huit dernières années et avait été précédemment porte-parole de l'ambassade saoudienne.

Des médias américains l'ont souvent présenté comme "l'éminence grise de la communication" de l'Arabie saoudite.

Après les attentats du 11-Septembre 2001 aux Etats-Unis, revendiqués par le réseau extrémiste Al-Qaïda, M. Jubeir avait joué un rôle clef pour tenter d'établir une distance entre son pays et l'islamisme radical.

Quinze des 19 pirates de l'air étaient Saoudiens et, encore aujourd'hui, l'Arabie saoudite, berceau du wahhabisme, une version rigoriste de l'islam sunnite, est perçu un "terreau du jihadisme".

- Sous les projecteurs -

En 2011, un vendeur de voitures d'occasion irano-américain, Mansour Arbabsiar, a été inculpé pour avoir projeté d'assassiner M. Jubeir. M. Arbabsiar a plaidé non coupable et l'Iran a nié toute implication.

Maître dans l'art de communiquer, M. Jubeir s'est retrouvé sous les projecteurs dès les premières heures du déclenchement le 26 mars dernier de la campagne aérienne menée par son pays au Yémen contre des rebelles chiites, soutenus par l'Iran.

Sur les chaînes de télévision, il n'a cessé de clamer que ces frappes avaient été un "franc succès", bien que les raids se poursuivent et qu'aucune solution ne soit en vue.

Outre son implication au Yémen, le royaume saoudien participe à la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis qui mène des raids aériens contre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak.

De plus, Ryad surveille avec beaucoup de suspicion le rapprochement en cours entre les Etats-Unis et l'Iran, son grand rival régional qui a été accusé de chercher à acquérir l'arme nucléaire.

Selon le site web de l'ambassade saoudienne à Washington, M. Jubeir a été scolarisé en Arabie saoudite, en Allemagne, au Yémen, au Liban et aux Etats-Unis, avant d'obtenir une maîtrise en relations internationales à l'Université Georgetown en 1984.

Le nouveau ministre, qui parle couramment anglais et allemand, a rejoint le service diplomatique en 1987 avant d'être nommé une première fois à Washington. Pendant la guerre du Golfe (1990-91), il faisait partie du "Bureau conjoint d'information" basé à Dahran (est saoudien).

Parmi ses missions figure aussi un détachement auprès de forces armées saoudiennes en Somalie en 1992. Et il a été conseiller de l'ancien roi Abdallah, décédé en janvier.

Né le 1er février 1962 à Almajmaah, une localité au nord de Ryad, M. Jubeir est marié et a deux enfants.

it/ras/tp