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29/04/2015 10:40 EDT | Actualisé 29/06/2015 01:12 EDT

Le Congo détruit cinq tonnes d'ivoire provenant du commerce illicite

Les autorités congolaises ont procédé mercredi à Brazzaville à la destruction d'une quantité de cinq tonnes de défenses d'ivoire, issues du braconnage et du trafic illicite, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les présidents congolais Denis Sassou Nguesso et tchadien Idriss Deby ont mis le feu au stock d'ivoire.

L'incinération de ces défenses s'est déroulée sur l'esplanade du Palais des congrès, en marge de la cérémonie d'ouverture d'une conférence internationale sur l'exploitation illégale et le commerce illicite des produits de la faune et de la flore sauvages d'Afrique, qui s'achève jeudi.

"Nous avons là liquidé tous nos stocks d'ivoire [saisis] auprès des fraudeurs parce que c'est un produit sale", a déclaré à l'AFP Henri Djombo, ministre congolais de l'Economie forestière.

"Nous traçons une ligne de démarcation et une césure avec un triste passé. A partir de maintenant, nous serons encore plus durs" vis-à-vis des braconniers, a ajouté M. Djombo, également en charge du Développement durable.

"Le monde entier s'apprête à criminaliser le trafic des produits de la faune et de la flore sauvages", qui était jusque-là considéré simplement comme un délit, s'est-il réjoui.

"Brûler cinq tonnes d'ivoire, c'est relativement important, mais c'est un chiffre minime quand on pense au trafic global. Cette destruction est un message envoyé aux consommateurs et aux trafiquants d'ivoire", a dit à l'AFP Stéphanie Vergniault, présidente de l'ONG international SOS Eléphants.

Au Congo, contrairement à d'autres pays africains, les autorités affirment souvent que le braconnage est encore un "phénomène mineur". Au Tchad, en revanche, les autorités font état d'un problème très grave: le nombre d'éléphants est passé de 50.000 à moins de 1.500 de nos jours, selon le président Deby.

En Afrique, on dénombrait 1,2 million d'éléphants dans les années 80, contre 450.000 aujourd'hui, selon Mme Vergniault, qui rappelle que plusieurs autres espèces animales sont menacées d'extinction sur le continent, comme le pangolin et la tortue marine.

Pour mettre fin au trafic d'ivoire, "nous demandons aux Chinois", grands consommateurs, "de ne plus acheter l'ivoire provenant d'Afrique", a rappelé Mme Vergniault.

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