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La tension demeure vive dans les rues de Baltimore

BALTIMORE - La tension est montée d'un cran à Baltimore lorsque les forces de l'ordre ont commencé à vouloir mettre en vigueur le couvre-feu imposé plus tôt par les autorités, mardi soir.Des centaines de soldats de la Garde Nationale ont patrouillé les rues de la ville pour la première fois depuis 1968 dans l'espoir de prévenir une autre soirée d'émeutes comme la veille.Le gouverneur du Maryland Larry Hogan a promis que les scènes de pillage et de vandalisme qui se sont déroulées lundi dans certains des plus pauvres quartiers de la ville ne se répéteraient pas. Plus de 2000 membres de la Garde Nationale et plus de 1000 policiers ont été déployés dans les rues de Baltimore.Plusieurs centaines d'agents de la police d'État et des policiers provenant de l'extérieur de Baltimore sont aussi arrivés en renfort pour appuyer les autorités qui avaient paru débordées, la veille.Au début du couvre-feu, les rues n'étaient pas vides. Plusieurs manifestants — qui ont été paisibles pendant toute la soirée — tenaient encore le pavée. Le porte-parole de la police de Baltimore, le capitaine Eric Kowalczyk, a déclaré que les policiers devront l'imposer en faisant preuve de jugement. «L'application du couvre-feu est à la discrétion de nos agents. Cela signifie que si quelqu'un leur explique qu'il revient de l'aéroport et s'en retourne à la maison, ils pourront ne pas l'arrêter. (Le couvre-feu) est une mesure pour protéger la paix publique.»Dans les rues de la villes, plusieurs personnes tentaient de convaincre leurs concitoyens récalcitrants de retourner à la maison. Un homme portait une pancarte: «Fight Another Day» d'un côté, «Go Home», de l'autre. (Manifestez une autre jour. Retournez à la maison). Pas tous optempéraient.Les regards étaient fixés à une certaine intersection où plusieurs centaines de personnes semblaient défier les autorités. La tension a alors monté d'un cran. Un hélicoptère de police survolait la scène, avertissant les gens du début du couvre-feu.Quinze minutes après le début du couvre-feu, les policiers protégés par des boucliers et des casques ont commencé à se déplacer vers la foule, pas à pas. Certains ont lancé des objets — surtout des bouteilles — vers eux. Des gens tentaient de se placer entre la foule et les policiers dans l'espoir d'éviter des heurts. D'autres se couchaient sur le sol.Des fumigènes et du gaz poivré ont été lancés vers la foule. Certains manifestants ont tenté de les renvoyer vers les forces de l'ordre qui avançaient de cinq pieds à environ tous les 10 minutes avant de s'arrêter. La tactique policière a semblé fonctionner car les manifestants ont reculé et semblaient se disperser.Des véhicules blindés sont venus en renfort. Au moins une personne a été arrétée.Un calme précaireUn calme précaire a régné dans les rues de Baltimore au cours de la journée. Les écoles sont demeurées fermées. Le match de baseball devant opposer les Orioles aux White Sox de Chicago a été reporté à une date ultérieure. De plus, le match de mercredi après-midi sera disputé à huis clos.La ville a été secouée par un soulèvement quelques heures après les funérailles de Freddy Gray. L'Afro-Américain est mort mystérieusement des suites d'une fracture des vertèbres cervicales subie pendant sa détention dans un poste de police, plus tôt ce mois-ci. Au moins 15 policiers ont été blessés en tentant de mettre fin aux violences, dont six qui ont dû être hospitalisés.Les autorités rapportent 144 véhicules et 15 immeubles incendiés, lundi. Quelque 200 personnes ont été arrêtées. Plusieurs commerces ont été pillés.La Garde nationale a été déployée dans les rues de Baltimore, pendant que des policiers antiémeute bloquaient certaines intersections et que les pompiers tentaient d'éteindre les flammes qui brûlaient toujours mardi matin.Plusieurs se demandent maintenant si la réponse des responsables a été adéquate. La mairesse de Baltimore, Stephanie Rawling-Blake, a dit qu'il aurait été prématuré de demander au gouverneur Hogan de déployer la Garde nationale tant qu'elle croyait que la situation était sous contrôle.M. Hogan, de son côté, a dit qu'il avait tenté pendant plusieurs heures, mais sans succès, de joindre la mairesse pour savoir si elle souhaitait qu'il proclame un état d'urgence.Le commissaire de la police de Baltimore, Anthony Batts, a admis que ses hommes et lui avaient été complètement dépassés par l'ampleur des troubles et qu'il aurait eu besoin de davantage de ressources.Politiciens et résidants déploraient les violences de lundi. «Notre collectivité est perturbée. Ils (les émeutiers) disent se préoccuper de leur collectivité mais en fait, ils la détruisent. On ne peut pas faire les deux», a déclaré Mme Rawling-Blake.À la Maison-Blanche, le président Barack Obama a indiqué que les gens qui avaient pillé des magasins et qui avaient incendié des édifices et des voitures devaient être traités comme des criminels. Le président a ajouté que ces personnes ne défendaient pas une cause en volant des commerces. Il a soutenu que son pays devrait faire un examen de conscience pour comprendre pourquoi, dans certaines collectivités, plusieurs jeunes finissent en prison au lieu d'étudier. La solution passerait, selon lui, par l'éducation à un jeune âge, une réforme du système de justice criminel et une meilleure formation des policiers.Plusieurs citoyens ont refusé de baisser les bras devant les événements. Faisant preuve d'un bon sens civique, des centaines de bénévoles ont nettoyé les rues des débris qui jonchaient les lieux à l'aide de balais et de sacs de vidanges fournis par des quincailleries locales.Les écoles étant fermées, Blanca Tapashuasco a amené ses trois fils, âgés de 2 à 8 ans, pour participer au nettoyage de la cour située à l'arrière d'une pharmacie pillée. «Nous aidons à la reconstruction du quartier, a-t-elle expliqué. C'est un signe d'encouragement pour les résidants de voir que des concitoyens provenant d'autres secteurs de la ville ne se contentent pas de les regarder en se demandant quoi faire.»

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