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29/04/2015 15:01 EDT | Actualisé 29/06/2015 01:12 EDT

La Fed calme un peu le renforcement de l'euro face au dollar

En forte hausse mercredi face au dollar, l'euro ralentissait un peu sa course après une décision de la Réserve fédérale (Fed), qui semble toujours décidée à normaliser à moyen terme sa politique monétaire, malgré un chiffre décevant sur la croissance américaine.

Vers 18h40 (20H40 GMT), l'euro montait à 1,1108 face au dollar, contre 1,0981 mardi à 21H00 GMT. Auparavant, il avait grimpé jusqu'à 1,1188 dollar, soit son plus haut niveau depuis le 3 mars.

La monnaie américaine a subi de plein fouet l'annonce d'une croissance américaine presque nulle au premier trimestre, plombée par l'hiver, le dollar fort et la chute des prix de l'énergie. Le PIB n'a progressé que de 0,2% en rythme annualisé, contre 2,2% au quatrième trimestre 2014 et 1% attendu.

Pour Adrian Raymond, analyste chez FXCM, "il y a une bonne chance que la croissance économique en zone euro sera meilleure que celle aux États-Unis durant les trois premiers mois de 2015, et les opérateurs sont visiblement en train d'anticiper ceci avec des positions acheteuses sur l'euro-dollar".

Néanmoins, la monnaie américaine a repris un peu d'allant, tout en restant nettement orientée à la baisse, après la publication du communiqué du Comité monétaire de la Réserve fédérale.

La banque centrale a certes maintenu ses taux d'intérêt proches de zéro, comme s'y attendaient de toute façon la plupart des analystes, mais elle a estimé que le ralentissement de la croissance était essentiellement dû "à des facteurs temporaires".

Cela "laisse penser que son point de vue sur l'économie est peut-être un peu plus optimiste que ce que l'on pourrait croire à la vue des récents indicateurs économiques", ce qui pourrait l'encourager à ne pas trop tarder avant de normaliser sa politique, a estimé Omer Esiner, de Commonwealth Foreign Exchange.

Beaucoup de cambistes attendent une telle normalisation pour miser sur le dollar, car elle rendrait la monnaie américaine plus rémunératrice.

"Etant donné qu'une hausse des taux demeure sans conteste sur la table pour septembre, la récente baisse du dollar pourrait être allée un peu trop loin", a jugé M. Esiner.

La Fed continue notamment de prévoir une croissance modérée de la première économie mondiale pour le reste de l'année et se dit "raisonnablement confiante" quant à un retour de l'inflation vers l'objectif de 2% qu'elle estime sain pour l'économie.

Mi-mars, le tandem euro-dollar semblait en route vers la parité, les investisseurs tablant à l'époque sur une hausse des taux américains dès juin, une action qui aurait encore plus creusé l'écart entre la politique monétaire de la Fed et celle de la Banque centrale européenne (BCE) qui venait tout juste d'entamer un programme de rachats d'actifs massifs.

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