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29/04/2015 07:32 EDT | Actualisé 29/06/2015 01:12 EDT

L'UE rappelle à Orban qu'elle proscrit la peine de mort

L'Union européenne a rappelé mercredi que la peine de mort était interdite en son sein après que le Premier ministre populiste hongrois Viktor Orban a relancé le débat sur le sujet dans son pays.

Si la Hongrie rétablissait la peine capitale, une procédure serait déclenchée pouvant conduire à des sanctions, comme une suspension des droits de vote du pays au Conseil européen, l'instance de prise de décision des 28 Etats membres, a indiqué à l'AFP une source communautaire.

"L'abolition de la peine de mort est une condition, un pré-requis pour rejoindre l'UE", a souligné un porte-parole de la Commission.

"Pour l'Union européenne, la peine de mort ne constitue jamais une réponse", a rappelé le commissaire européen Dimitris Avramopoulos, devant le Parlement européen à Strasbourg.

Il n'a pas directement mentionné le Premier ministre hongrois, mais des eurodéputés avaient interpellé plus tôt les responsables de l'UE pour qu'ils réagissent aux déclarations de M. Orban.

"Ce matin encore, j'ai demandé à discuter avec M. Orban. J'ai eu sa chancellerie et je vous ferai un rapport des résultats de mes entretiens", a dit devant l'hémicycle le président allemand du Parlement, Martin Schulz.

"Ceci va tout à fait à l'encontre du droit européen, c'est de la barbarie", venait de lancer l'eurodéputé autrichien socialiste Jörg Leichtfried, sous les applaudissements de l'hémicycle, y compris ceux du président de la Commission Jean-Claude Juncker.

M. Leichtfried a demandé aux principaux reponsables de l'UE "de tirer les conséquences" de la proposition de M. Orban, "inacceptable en Europe".

"J'espère que le PPE va enfin décider d'expulser M. Orban", a lancé de son côté l'eurodéputée libérale (ALDE) à l'adresse du Parti populaire européen (PPE, droite), principale formation du Parlement.

M. Orban a déclaré mardi dans la presse que la question de la peine de mort, abolie en 1990 en Hongrie, devait "être remise à l'ordre du jour", soulignant que la législation hongroise, pourtant l'une des plus répressives d'Europe, n'était "pas suffisamment dissuasive". Il réagissait au meurtre d'un employé de magasin la semaine passée.

"La position de M. Orban est que la peine de mort devrait rester à l'agenda", a précisé mercredi son cabinet à l'agence MTI. M. Orban est "à la disposition du président Schulz" pour évoquer la question, a-t-il précisé, soulignant que des consultations sur le sujet devaient "naturellement se poursuivre au niveau européen".

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