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29/04/2015 15:37 EDT | Actualisé 29/06/2015 01:12 EDT

L'Equateur dénonce les "excès" de l'Italie dans la protection des mineurs

Le président de l'Equateur, Rafael Correa, a dénoncé mercredi "les excès" de la justice italienne dans l'application d'une loi sur la protection des mineurs qui a provoqué le retrait d'enfants à leurs parents immigrés équatoriens.

"Nous pensons qu'il y a des excès, que la loi est très dure (...) c'est pour cela que nous offrons tout notre soutien à nos compatriotes", a-t-il déclaré à la presse à Quito, au retour d'une visite en Italie.

Le président a indiqué avoir eu une réunion "très intense" avec des migrants équatoriens touchés par cette loi et qui reçoivent une aide du gouvernement pour récupérer la garde de leurs enfants ou éviter qu'on la leur retire.

"Séparer des enfants de leurs parents est la dernière option, (or) il semble que cela ait été la première", a-t-il ajouté.

Selon lui, les services italiens de protection de l'enfance ont décidé dans plusieurs cas de "retirer" des enfants à leur famille "pour n'importe quel problème intra-familial".

"Mais en plus, durant 40 ou 50 jours, les parents ne savaient même pas où étaient leurs enfants (...) Nous avons une mère ici qui pour avoir puni physiquement sa fille se l'est vue retirer six mois sans jamais pouvoir la voir", a raconté le président.

Depuis juin 2014, le gouvernement équatorien offre une assistance légale et psychologique à une centaine de familles de migrants ayant rencontré des problèmes avec la garde de leurs enfants dans les villes italiennes de Milan, Gênes et Rome.

Depuis cette date, la justice italienne a rendu à leurs parents 16 enfants, selon le ministère équatorien des Affaires étrangères.

"Il faut prêter main forte aux familles, tant que ce ne sont pas des cas très graves, des agressions sexuelles, etc. Mais même si un beau-père abuse de sa fille, la séparer de sa mère lui cause encore plus de tort", a insisté M. Correa.

Une des destinations privilégiées des Equatoriens en Europe après l'Espagne depuis la fin des années 90, l'Italie observe une législation très stricte en matière de protection des mineurs, qui peut conduire au retrait de la garde d'un enfant en cas d'abus parental, de violence intra-familiale ou toute conduite jugée inappropriée.

Plusieurs mères de familles équatoriennes, qui se sont vu sanctionnées en vertu de cette loi, ont accusé les autorités italiennes d'avoir agi sans preuve. Selon elles, des parents auraient perdu la garde de leurs enfants pour le simple fait d'être au chômage.

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