DIVERTISSEMENT
29/04/2015 05:48 EDT | Actualisé 29/04/2015 06:22 EDT

Jean-Pierre Ferland célèbre ses 80 ans en version symphonique avec l'OSM (PHOTOS)

Sébastien Vergne

Trois soirs de suite, Jean-Pierre Ferland célèbre son 80e anniversaire en réinterprétant certains de ses plus grands succès aux côtés de l’OSM à la Maison symphonique. Un spectacle ponctué de splendeurs et de moments où il a eu du mal à suivre les musiciens.

Avant l’arrivée sur scène du chanteur octogénaire, le public a eu droit à une magnifique première partie de Florence K. Débutant avec une version bossa symphonique de la chanson Si de toi, elle a fait résonner sa voix pleine, suave et sans esbroufe, nullement intimidée par la machine musicale qui s’activait derrière elle.

Par la suite, How insensitive s’est ouverte aux sons d’un hautbois berçant, avant d’être accompagnée par sa voix grave et plaintive. La foule était en communion avec la jeune chanteuse. Assise derrière un piano à queue, elle a interprété une version de You’re Breaking My Heart portée par des cuivres vigoureux, en y investissant toute son âme. Puis, elle a conclu avec les paroles de Que Nadie déposées sur la trame musicale de La Foule, d’Édith Piaf. Une pure réussite!

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Plat de résistance

Jean-Pierre Ferland est arrivé souriant comme un enfant pour interpréter La grande mélodie. La chanson avait un petit côté moyenâgeux, ponctué de harpe et de guitare sèche, nous donnant l’impression de pénétrer dans la cour du Petit roi. Une belle entrée en matière légèrement ternie par la difficulté du chanteur à suivre l’orchestre.

Une harpe céleste et un premier violon doucereux ont entamé Si je savais parler aux femmes, avant d’être rejoints par les flûtes et soutenus par l’orchestre dans une mélodie enveloppante. À cet instant précis, on réalise à quel point l’OSM ajoute une grandeur aux textes déjà grandioses de Ferland, en plus de souligner les limites et la justesse approximative de sa voix.

Qu’à cela ne tienne, celui-ci trouve ses marques durant Le petit roi, pendant que les cuivres marquent la cadence et que les percussions offrent un petit côté martial à l’ensemble. Chaque image du texte prend alors vie sous nos yeux, grâce aux arrangements de Simon Leclerc.

Ferland entonne Qu’est-ce que ça peut ben faire, avec un piano secondé discrètement par les cordes. Les trompettes et les percussions ajoutent une touche dramatique durant le refrain, alors que l’ensemble des musiciens martèle avec panache les cris du cœur de l’interprète.

Chanter la pomme avec un orchestre

Les femmes dans l’assistance gloussent de plaisir en entendant les premières notes de T’es belle. Pendant quelques minutes, le piano et les cordes nous plongent à la fois dans la France d’un jeune Aznavour et dans un bar new-yorkais des années 50. Un moment merveilleux, jusqu’à ce que Ferland achève la chanson comme un « mon’oncle » libidineux.

L’orchestration de Sing sing n’avait pratiquement aucune valeur ajoutée, celle de Maman ton fils passe un mauvais quart d’heure était plutôt ennuyante, mais l’air enthousiasmant de Avant de m’assagir a ravi les spectateurs.

Ceux-ci se sont également délectés de la nouvelle version d’Une chance qu’on s’a, où un cor français et les violons apportaient une aura céleste, en nous offrant une caresse géante. Un des beaux moments de la soirée.

Cacophonie

On ne peut malheureusement pas en dire autant de la très attendue Un peu plus haut, un peu plus loin: orchestre en retrait, choriste invitée à prendre le lead vocal, même si elle n’a ni la puissance ni la prestance de Ginette Reno, Ferland qui n’arrive pas suivre le rythme, une finale qui rappelle tristement le criage de l’étape des duels à l’émission La Voix. Rien de très glorieux.

Après une version folk symphonique de Envoye à maison où il a déridé le public… en manquant son « cue » de départ, la vedette de la soirée a invité Florence K à chanter La musique, la pièce qu’ils avaient interprétée sur son album de duos Bijoux de famille. En pâmoison devant le talent de la jeune femme, Ferland a confirmé bien malgré lui que la soirée aurait été doublement plus intéressante s’il avait invité d’autres artistes à chanter à ses côtés, pour le soutenir dans cette entreprise rythmique et vocale particulièrement casse-gueule.

Le spectacle sera présenté les 29 et 30 avril à la Maison Symphonique. Cliquez ici pour plus de détails

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