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29/04/2015 12:46 EDT | Actualisé 29/06/2015 01:12 EDT

Grèce: Varoufakis pris à partie par des anarchistes, sa femme le protège

Le ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a été pris à partie par des anarchistes dans un restaurant d'Athènes mardi soir, et sa femme Danaé a dû faire rempart de son corps pour qu'il ne soit pas frappé, a-t-il raconté lui-même mercredi matin.

Le ministre dînait avec son épouse et une amie dans un restaurant d'Exarchia, un quartier connu pour être le bastion des anarchistes dans la capitale grecque, quand un groupe a surgi dans la salle, jetant des objets en verre dans leur direction et proférant des insultes.

Ils ont prié le ministre de "ne revenir à Exarchia que lorsqu'il ne serait plus politicien", a rapporté une journaliste après avoir parlé à M. Varoufakis.

"Ils ne voulaient pas nous blesser", estime le ministre dans un communiqué, mais plutôt "me faire battre en retraite en me bousculant légèrement de manière un peu humiliante".

Une affirmation "invérifiable" car "Danaé, avant qu'ils n'arrivent jusqu'à nous, et avant que je puisse l'arrêter, s'est levée en me serrant avec force, leur tournant le dos, de telle sorte qu'il aurait fallu la frapper avant de m'atteindre", poursuit M. Varoufakis.

Ne parvenant pas à toucher le ministre, le groupe est ressorti, sans s'éloigner du restaurant. Sur le point de partir, M. Varoufakis a cependant "entamé un dialogue avec eux".

"J'ai parlé à cinq ou six" d'entre eux, ceux qui étaient le "plus en colère", raconte le ministre. Après un quart d'heure d'une discussion "intense mais pas violente", "le climat s'est apaisé et nous avons pu partir", explique-t-il.

"La réponse à la colère de ces gens ne peut être ni la fuite ni la répression violente", conclut M. Varoufakis, sous-entendant que la police n'a pas été appelée lors de l'incident.

Le ministre des Finances, dont les manières agacent de plus en plus ses pairs européens, refuse toute escorte à Athènes.

Les anarchistes, de leur côté, semblent avoir intensifié leurs actions de dégradations et d'occupations depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement de gauche radicale de M. Tsipras, qui fait montre d'un certain embarras pour trouver une réponse appropriée à leurs actions.

L'ensemble des partis politiques grecs ont condamné l'agression mercredi. Syriza, le parti du Premier ministre Alexis Tsipras, l'a jugée "inacceptable et provocante", ajoutant "qu'aucun ministre ou député Syriza n'est intimidé par de telles actions, car leur place est parmi les citoyens".

Le partenaire de Syriza au sein de la coalition au pouvoir, le parti de droite souverainiste des Grecs indépendants, a qualifié l'attaque "d'acte hautement fasciste et répugnant".

Dans l'opposition, le parti conservateur Nouvelle Démocratie a estimé que "les pratiques de violence n'ont pas leur place dans notre démocratie". Le Parti communiste a observé que "de telles actions n'ont rien à voir avec une authentique protestation populaire".

Quant au parti socialiste Pasok, il a lui aussi déploré l'attaque, tout en notant que "dans des cas similaires" visant d'autres partis dans le passé, Syriza, parti de gauche radicale, "était resté silencieux et certains de ses dirigeants avaient même couvert" ces actes.

od/tsz