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29/04/2015 06:40 EDT | Actualisé 29/06/2015 01:12 EDT

Elections britanniques: Cameron veut graver dans le marbre le gel des impôts

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a promis mercredi de faire adopter une loi pour garantir un gel des impôts sur les ménages jusqu'en 2020, s'il reste Premier ministre après les élections législatives du 7 mai.

Le Parti conservateur de M. Cameron est au coude à coude avec le Parti travailliste dirigé par Ed Miliband, qui s'installerait au 10, Downing Street en cas de victoire lors de ces élections à l'issue très imprévisible.

"C'est mon choix: les travailleurs de ce pays ont payé assez d'impôt", a lancé M. Cameron lors d'un discours dans le centre de l'Angleterre. "Je fais donc cette promesse. Nous légifèrerons dans les 100 jours pour que ces taxes n'augmentent pas".

Cet engagement des conservateurs concerne l'impôt sur le revenu, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et les prélèvements sociaux jusqu'en 2020. Dans leur programme électoral, les "Tories" avait déjà promis de ne pas augmenter ces taxes mais la proposition de M. Cameron va désormais plus loin, puisqu'il veut graver ce gel dans le marbre législatif.

Le programme conservateur prévoit aussi d'élever le plancher d'imposition de quelque 2.000 livres à 12.500 livres (17.500 euros) et de relever à 50.000 livres le seuil d'imposition à partir duquel le contribuable paye 40% d'impôt (contre un peu moins de 42.500 livres actuellement).

Côté travailliste, Ed Miliband a qualifié la dernière promesse conservatrice d'"entourloupe désespérée de dernière minute".

Il a souligné que, pour compenser le manque à gagner dans les caisses de l'Etat, les conservateurs seraient obligés de réduire encore les dépenses, après déjà cinq années d'austérité budgétaire depuis leur arrivée au pouvoir en 2010. M. Miliband a notamment alerté contre une baisse des allocations familiales en cas de victoire de M. Cameron.

A propos de l'impôt sur le revenu, les travaillistes ont promis de leur côté la création d'un seuil intermédiaire pour les classes populaires, correspondant à 10% des revenus, entre les seuils à 0% et à 20% actuels. Ils veulent en outre relever de cinq points, à 50%, l'impôt sur les revenus supérieurs à 150.000 livres annuels.

Les uns comme les autres ont promis une certaine rigueur budgétaire, bien qu'ils diffèrent sur le rythme à imposer aux maîtrises des dépenses: les Tories de M. Cameron promettent de dégager un excédent dès l'année budgétaire 2018-2019 tandis que le Labour de M. Miliband espère y parvenir "dès que possible lors de la prochaine législature", c'est-à-dire d'ici à 2020.

Les travaillistes garantissent néanmoins que toutes leurs promesses sont financées, qu'ils ne recourraient pas à des emprunts supplémentaires et que "des décisions difficiles" seraient prises pour diminuer la dette.

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