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Des soldats français soupçonnés d'avoir agressé des enfants en Centrafrique

PARIS - Des procureurs de Paris enquêtent sur des soldats français déployés en République centrafricaine qui pourraient avoir agressé sexuellement des enfants qu'ils avaient pourtant comme mission de protéger.L'enquête française a été mise en branle après une enquête initiale des Nations unies sur ces allégations il y a un an — des investigations gardées secrètes dans les deux cas jusqu'à ce qu'un article dans le journal britannique «The Guardian», mercredi, force les autorités à en faire part publiquement.Un employé des Nations unies a coulé de l'information sur l'enquête de l'ONU aux autorités françaises l'an dernier, a indiqué par communiqué le bureau du secrétaire général, Ban Ki-moon. Cet employé, identifié par le gouvernement suédois sous le nom d'Anders Kompass, a été suspendu et fait désormais l'objet d'une enquête interne.Les allégations d'agressions sexuelles, le caractère secret de l'enquête et le traitement réservé à l'employé suspendu représentent une nouvelle tuile pour l'organisation internationale, qui a fait face à d'autres accusations d'agressions par ses casques bleus par le passé.Et l'affaire est particulièrement accablante pour la France, qui se perçoit comme un modèle des droits de la personne et compte des milliers de soldats dans d'anciennes colonies en Afrique, envoyés pour protéger les populations dans des zones de conflits.Le président français François Hollande et le secrétaire général de l'ONU ont discuté à Paris, mercredi soir, mais ont refusé de répondre aux questions de journalistes et n'ont rien dit concernant les allégations d'agressions dans le bref communiqué qu'ils ont publié.La République centrafricaine a connu des violences sans précédent entre chrétiens et musulmans depuis la fin 2013. Au moins 5000 personnes ont été tuées, et environ un million ont été déplacées ou ont fui le pays. La France a envoyé des soldats à la fin 2013, et l'ONU a constitué par la suite un contingent de 12 000 casques bleus dont le mandat a été reconduit cette semaine.Tôt en 2014, le bureau des droits de l'homme de l'ONU à Bangui a mené une enquête après des «allégations graves d'exploitation sexuelle et d'agressions sur des enfants par du personnel militaire français», a affirmé mercredi le bureau du secrétaire général.Environ 10 enfants centrafricains ont affirmé à des responsables de l'ONU dans ce pays qu'ils avaient été agressés sexuellement par des soldats français dans les environs de l'aéroport international M'Poko entre décembre 2013 et juin 2014, a indiqué le ministère français de la Défense.Le quotidien britannique «The Guardian» a rapporté mercredi que l'ONU avait enquêté sur les allégations de viols et agressions sexuelles d'enfants, puisque les suspects étaient des casques bleus. Le quotidien faisait aussi état du fait qu'un employé suédois des Nations unies avait été suspendu après avoir informé les autorités françaises de la tenue de l'enquête.

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