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Des entrepreneurs s'inquiètent de la réforme du programme des travailleurs étrangers

Des entrepreneurs dénoncent la réforme du programme fédéral sur les travailleurs étrangers temporaires, qui entre en vigueur demain. Québec a critiqué certaines des nouvelles règles la semaine dernière, et des entrepreprises craignent maintenant qu'elles compliquent leurs efforts de recrutement. C'est le cas de l'entreprise de machinerie lourde Rotobec, située des la région des Etchemins, qui emploie depuis plus de 2 ans des travailleurs costaricains.

Un texte de Cathy Senay

L'entreprise familiale gérée par Sylvain Cayouette et ses frères compte plus de 300 employés et génère un chiffre d'affaires de 60 millions de dollars. En pleine expansion, Robotec connait un besoin criant de soudeurs et de machinistes.

Le centre intégré de mécanique industrielle de la Chaudière (CIMIC) à Saint-Georges en Beauce n'arrive pas à fournir a la demande en main d'oeuvre spécialisée.

« Pour donner une idée, CIMIC cette année, il y a moins de 20 machinistes et moins de 20 soudeurs d'inscrits. Nous à Rotobec on a besoin de 25 machinistes et 25 soudeurs. On n'arrivera pas », souligne Sylvain Cayouette, vice-président aux opérations.

Depuis 2013, la compagnie s'est tournée vers le recrutement de travailleurs qualifiés du Costa Rica. Une trentaine d'entre eux de sont à l'embauche de Rotobec et 35 sont en voie d'immigrer en vertu du programme des travailleurs étrangers temporaires.

Or, deux nouvelles règles du programme des travailleurs étrangers temporaires auront un impact direct sur la croissance locale de l'entreprise.

Une incompréhension du fédéral?

La durée du permis de travail passera de 4 à 1 an pour les travailleurs à bas salaire de moins de 20 $ de l'heure. M. Cayouette calcule que le renouvellement des permis de travail coûterait à l'entreprise environ 1745 $ par an pour chaque travailleur costaricain recruté après le 30 avril 2015.

Le gouvernement fédéral veut aussi limiter à 10 % la proportion de travailleurs étrangers temporaires à rémunération peu élevée au sein de toute entreprise. Une limite quasi atteinte du côté de Rotobec.

« Ce n'est pas sur base temporaire qu'on vise d'avoir ces gens-là. On vise d'avoir ces gens-là ici en permanence. Ça veut dire que ce n'est pas pour un an, deux ans, trois ans, 4 ans, mais pour la vie qu'on veut les avoir ici », explique M. Cayouette.

Des cours de francisation sont offerts par l'entreprise avec la Commission scolaire pour qu'ils atteignent la connaissance requise du français afin de réclamer leur résidence permanente. « Tout ce qu'on demande dans le dossier, c'est de ne pas se faire nuire. C'est juste ça qu'on demande, rien d'autre dans le dossier », affirme Sylvain Cayouette.

Il y a un mois, des dirigeants de Rotobec ont rencontré les ministres fédéraux de l'Emploi et de la Sécurité publique Pierre Poilièvre et Steven Blaney pour leur faire de leurs inquiétudes.

Les Mata

Originaire du Costa Rica, le soudeur Jeffrey Mata est arrivé dans la municipalité de Sainte-Justine au début de l'année 2013. Un an plus tard, son épouse Cynthia et sa fille Jimena le suivaient. Le couple suit des cours de français chez Rotobec. Leur fille est en première année à l'école primaire du coin.

Ils déplorent eux aussi la mise en vigueur de nouvelles règles du programme des travailleurs étrangers temporaires.

« Je connais beaucoup de personnes, très bonnes personnes, très travaillants et très honnêtes qui aimeraient venir ici pour apporter leurs connaissances et leurs expériences », dit Jeffrey Mata.

« C'est très difficile de trouver du travail là-bas. Pas ici. (...) Il y a beaucoup d'opportunités pour beaucoup de choses, pour le travail, pour l'éducation de ma famille, pour le travail de mon mari », souligne Cinthia qui a été embauchée par Rotobec pour des tâches ménagères.

Des discussions sont en cours à l'heure actuelle entre le fédéral et le provincial afin de trouver un terrain d'entente sur de nouvelles mesures du programme des travailleurs étrangers. Si le recrutement de travailleurs costaricains est assuré pour la prochaine année chez Rotobec, Sylvain Cayouette sait fort bien que le problème n'est pas réglé à long terme.

L'entrepreneur rencontre mercredi des gens d'affaires de la Beauce et d'ailleurs afin de les inviter à maintenir la pression dans l'espoir que le gouvernement conservateur fasse marche arrière.

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