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29/04/2015 11:03 EDT | Actualisé 29/06/2015 01:12 EDT

Colère à Plaisance, T.-N.-L. : la Ville a abandonné son nom français

La Ville de Plaisance, dans le sud-ouest de la péninsule d'Avalon, revêt une importance particulière pour les Franco-Terre-Neuviens puisqu'elle a été la capitale de la colonie française à Terre-Neuve, de 1662 à 1713.

C'est pourquoi la poignée de francophones qui y reste a constaté avec fureur, récemment, que le nom historique avait disparu des affiches qui accueillent les visiteurs aux abords de la municipalité. Seul subsiste le nom anglophone, Placentia.

Pour la présidente de l'Association française de Plaisance, Rachelle Connors, c'est un affront aux francophones et à l'histoire.

Le nom de Plaisance a disparu du nouveau logo de la Ville lorsqu'elle a voulu se doter d'une nouvelle image de marque. Elle a retenu les services d'une entreprise de Saint-Jean, Open Communications, qui a proposé un logo simple avec le seul nom de Placentia. C'est toutefois le conseil municipal, en définitive, qui a approuvé ce logo qui fait abstraction d'un pan de son histoire.

Une longue présence francophone

La poignée d'irréductibles francophones qui subsiste à Plaisance est sur le sentier de la guerre. Les francophones ont été présents très tôt à Plaisance : des pêcheurs basques y ont construit un établissement permanent dès 1626. Et la Couronne française, sous Louis XIV, a fait de Plaisance une colonie royale en 1662.

La Municipalité, toutefois, persiste et signe. Il n'est pas question pour le moment de revenir en arrière. Selon le maire, Wayne Power, le nouveau logo a rajeuni l'image de la municipalité. Il permettra plus facilement, selon lui, d'attirer de nouveaux résidents, des investisseurs et des touristes... francophones y compris.

Il souligne qu'il reste bien des signes du passé français de Plaisance : des noms de rue bilingues et des affiches également. « Nous serons toujours l'ancienne capitale de l'île, dit-il, et nous en sommes fiers. »

Des membres de son conseil, cependant, sont ébranlés par la controverse. Noella Collins affirme que la Ville a fait une erreur et qu'il faut travailler à la corriger. Le maire lui-même laisse la porte ouverte à une révision. « Il ne faut jamais dire jamais », lance-t-il.

Rachelle Connors voudrait que les choses avancent vite pour que les touristes francophones soient de nouveau accueillis, lorsque la saison estivale s'ouvrira dans quelques semaines, à Plaisance plutôt qu'à Placentia.

« Combien de touristes qui viennent du Québec, même de l'Europe, qui parlent français, qui sont étonnés de voir le français à Plaisance... qu'est-ce qu'on a d'unique maintenant? Rien! »

D'après les informations de Philippe Grenier