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29/04/2015 10:44 EDT | Actualisé 29/06/2015 01:12 EDT

Burundi: des centaines de milliers de personnes pourraient être affectées si la situation dégènère (ONU)

L'ONU a averti mercredi que des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes pourraient être affectées si la situation dégénérait au Burundi à l'approche des élections, et réclamé des fonds pour se préparer à une éventuelle crise.

"Les partenaires humanitaires prévoient qu'en cas de violences pré-électorales, quelque 50.000 personnes risquent d'être affectées au cours des huit premières semaines, et, dans le pire des scénarios, jusqu'à 400.000 au cours des six premiers mois", a expliqué mercredi le Bureau pour la coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), évoquant un "impact humanitaire" potentiellement "massif".

Il a appelé les donateurs à débourser 11,6 millions de dollars (10,6 millions d'euros) pour couvrir les premières opérations préparatoires d'aide. Si une réponse humanitaire était nécessaire sur six mois, Ocha aurait alors besoin de 58 millions de dollars (53 millions d'euros).

L'ONU se prépare aussi à un possible afflux de réfugiés dans les pays voisins du Burundi - le Rwanda, la République démocratique du Congo (RDC), la Tanzanie et l'Ouganda.

Quelque 25.000 Burundais, inquiets du climat pré-électoral, ont déjà fui, essentiellement au Rwanda et un peu aussi en RDC, selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

Le Burundi est en proie depuis dimanche à des manifestations d'opposants à un éventuel troisième mandat du président Pierre Nkurunziza émaillées d'affrontements sporadiques avec la police. Cinq personnes ont déjà été tuées dans les violences.

Les manifestations ont débuté au lendemain de la désignation du chef de l'Etat par son parti, le Cndd-FDD, comme candidat à la présidentielle du 26 juin.

Les opposants à ce troisième mandat le jugent anticonstitutionnel et contraire aux accords d'Arusha qui avaient ouvert la voie à la fin de la longue guerre civile (1993-2006) dont le pays peine encore à se remettre.

Depuis des mois, la communauté internationale ne cesse de mettre en garde les autorités burundaises contre les risques de violences en cas de candidature du chef de l'Etat sortant.

Avant même la guerre civile, qui a fait quelque 300.000 morts, l'histoire post-coloniale du petit pays d'Afrique des Grands Lacs avait été marquée par des massacres interethniques.

La présidentielle est précédée fin mai d'élections législatives et communales.

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