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29/04/2015 14:08 EDT | Actualisé 29/06/2015 01:12 EDT

Burkina/corruption: un ancien patron des douanes sous Compaoré bientôt jugé aux assises

Un ancien patron des douanes du Burkina Faso, arrêté puis libéré en 2011 sous l'ex-président Blaise Compaoré après la découverte de 3 millions d'euros en espèces en sa possession, sera jugé aux assises pour corruption, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Ousmane Guiro "est actuellement à la maison d'arrêt de Ouagadougou en attendant son jugement prévu aux assises criminelles de la Cour d'appel de Ouagadougou, qui se dérouleront du 15 au 18 mai prochain", a indiqué à l'AFP le parquet de la Cour d'appel de Ouagadougou.

Il est accusé de "corruption, enrichissement illicite et violation de la réglementation liée aux changes".

Ancien directeur général des douanes burkinabè, M. Guiro avait été arrêté le 31 décembre 2011 après la découverte de 1,9 milliard de francs CFA (env 2,9 millions d'euros) en cash, caché dans des cantines chez l'un de ses proches.

Remis en liberté quelques mois plus tard, il a battu campagne puis s'est fait élire en décembre 2012 conseiller municipal de son village sous la bannière du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti de M. Compaoré.

L'impunité, la corruption et le népotisme ont figuré parmi les principaux griefs de la population à l'encontre de Blaise Compaoré, chassé du pouvoir le 31 octobre par la rue après 27 ans de règne.

Le cas de l'ancien patron des douanes était emblématique au Burkina, où les nouvelles autorités ont fait de la bonne gouvernance leur cheval de bataille. Le président Michel Kafando s'est indigné à plusieurs reprises du fait que "quelqu'un comme Ousmane Guiro puisse toujours être dehors (en liberté)".

Plusieurs proches de l'ancien régime, dont des maires et deux anciens ministres, sont actuellement incarcérés pour des cas de malversations ou de détournements.

Le gouvernement a promis de poursuivre les arrestations contre les anciens dignitaires du régime Compaoré soupçonnés de corruption et de détournements de deniers publics.

Une loi anti-corruption votée en mars prévoit de lourdes sanctions contre les fonctionnaires convaincus notamment de prévarication ou de malversations.

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