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29/04/2015 11:16 EDT | Actualisé 29/06/2015 01:12 EDT

Athènes fait un nouveau petit pas vers ses créanciers avec une liste de réformes

La Grèce devait présenter mercredi à ses créanciers un train de mesures allant dans le sens qu'ils souhaitent, mais pas spectaculaire, dans la veine de l'exercice d'équilibriste auquel doit se livrer Alexis Tsipras entre Bruxelles et son parti.

Après un Eurogroupe (réunion des ministres des Finances de la zone euro) qui s'est achevé vendredi à Riga sans résultat, les rencontres reprennent à Bruxelles, dans le but "de parvenir à un accord mutuellement bénéfique", selon la terminologie grecque.

Les experts techniques de l'Eurogroupe (Euro Working Group) devaient se rencontrer mercredi, avant une réunion du groupe de Bruxelles (représentants d'Athènes et de ses créanciers) jeudi, selon Athènes.

La partie grecque a élaboré en vue de ces réunions une série de réformes visant à augmenter les recettes du pays.

Selon le quotidien Kathimerini, ce train pourrait rapporter 1,3 milliard d'euros et prévoit par exemple une imposition accrue des contribuables les plus riches, des taxes sur les produits de luxe, la vente de licences TV, des mesures pour rendre plus efficace la perception de la TVA, ou une lutte plus efficace contre la contrebande.

Mais son calendrier de mise en oeuvre, et même de présentation au Parlement, est loin d'être clair.

De plus le texte ne semble rien prévoir sur des sujets moins consensuels comme la libéralisation du marché du travail, les hausses de TVA ou l'épineux sujet des retraites, cher au FMI.

L'aile gauche du gouvernement n'y semble pas encore prête. Mercredi encore, le ministre de l'Energie Panagiotis Lafazanis, principal représentant de cette tendance, a répété dans une interview au magazine Crash que "Syriza ne signera jamais de mesures contre les classes populaires".

Fort de sondages montrant qu'une majorité de Grecs souhaitent un compromis plutôt qu'une rupture avec l'UE, M. Tsipras affiche une certaine confiance. Il croit en un "premier accord" cette semaine, "ou la semaine prochaine au plus tard".

Pour cela, il est prêt à accepter les privatisations, comme celle du port du Pirée, rejetées par certains membres de son gouvernement à leur arrivée au pouvoir en janvier.

- "Urgence" des résultats -

Ils préfèrent saluer le remaniement des équipes de négociation grecques, avec la montée en puissance du vice-ministre des Affaires étrangères Euclide Tsakalotos pour coordonner l'ensemble des discussions.

Même si le controversé ministre des Finances Yanis Varoufakis continue à "donner le ton", comme il l'a souligné dans une interview à l'hebdomadaire allemand Die Zeit.

Le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a salué mercredi "une équipe qui paraît plus cohérente, davantage prête à faire des réformes (...) des hommes à qui on peut parler".

Il n'en a pas moins rappelé "l'urgence" à obtenir des "résultats".

Athènes, qui n'a plus obtenu un sou de ses créanciers depuis l'automne dernier, sous l'ancien gouvernement de coalition droite-socialistes, attend désespérément le versement de 7,2 milliards d'euros promis par l'UE.

En attendant, elle a dû mettre à contribution les collectivités locales pour trouver des fonds, et les banques, victimes de retraits privés massifs (environ 27 milliards d'euros de décembre à mars), ne tiennent plus que par le financement d'urgence de la BCE, qui s'élève désormais à 76,9 milliards d'euros.

Plusieurs dates-butoirs, qu'on disait cruciales pour un accord, sont pourtant tombées les unes après les autres depuis janvier sans que la catastrophe d'un défaut de la Grèce se produise. Cette fois, c'est celle du 11 mai qui semble logique, date du prochain Eurogroupe et veille d'un versement de près de 800 millions d'euros dus au FMI.

"Ca sera peut-être cette date, ou pas", remarquait mercredi une source européenne, soulignant le "vague" persistant des propositions grecques. Elle espérait néanmoins que toute cette négociation "compliquée, avec des gens compliqués", puisse évoluer "de manière inattendue", avec un déblocage soudain.

bur-od/mr