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28/04/2015 12:55 EDT | Actualisé 28/04/2015 12:56 EDT

Procès du marathon de Boston: Tamerlan Tsarnaev, fêtard et fumeur de marijuana avant de se radicaliser

Getty Images
SALT LAKE CITY, UT - MAY 4: Tamerlan Tsarnaev waits for a decision in the 201-pound division boxing match during the 2009 Golden Gloves National Tournament of Champions May 4, 2009 in Salt Lake City, Utah. After a car chase and shoot out with police, one suspect in the Boston Marathon bombing, Tamerlan Tsarnaev, 26, was shot and killed by police early morning April 19, and a manhunt is underway for his brother and second suspect, 19-year-old Dzhokhar A. Tsarnaev. The two men are suspects in the bombings at the Boston Marathon on April 15, that killed three people and wounded at least 170. (Photo by Glenn DePriest/Getty Images)

Tamerlan Tsarnaev fumait de la marijuana, faisait la fête et buvait avant de se radicaliser, a témoigné mardi à Boston une ancienne connaissance, appelée à la barre par la défense qui tente d'épargner à son jeune frère Djokhar la peine de mort pour les attentats de 2013.

"La plupart du temps il était saoul, la plupart du temps il était défoncé", a raconté Rugiero Franca, un Brésilien qui vivait en 2008 et 2009 avec un Russe et un Egyptien près de chez Tamerlan Tsarnaev à Cambridge, en banlieue de Boston.

Tamerlan, a-t-il dit, venait trois ou quatre fois par semaine, "parfois tous les jours", et fumait de la marijuana dans leur sous-sol. Et avec ses compères russe et égyptien, il buvait et sortait souvent en boîte de nuit.

Mais quand M. Franca lui fait demander d'arrêter de fumer dans son sous-sol, Tamerlan le boxeur lui répond sèchement: "Les amis ne font pas ça".

Franca a aussi raconté avoir un jour trouvé les trois hommes dans sa chambre, "en train de partager de la drogue". "J'ai dit à tout le monde de sortir de ma chambre".

Après avoir quitté la région, Franca ne reverra Tamerlan Tsarnaev qu'une fois par hasard en 2012 dans une rue de Boston. Celui-ci s'était fait pousser la barbe, était vêtu d'une tenue blanche et était accompagné de sa femme Katherine, également vêtue de blanc.

"Il m'a dit, tu n'es pas encore musulman ? Je n'aurais jamais pensé qu'il me demanderait ça", a ajouté M. Franca, selon qui quelques années plus tôt, Tamerlan Tsarnaev ne parlait guère de religion.

En 2012, l'aîné des Tsarnaev avait installé sur ses ordinateurs un système de cryptage, a témoigné un expert, Mark Spencer. Son jeune frère Djokhar, 21 ans, qui écoute impassible dans la salle d'audience du tribunal fédéral de Boston, n'en avait pas.

Djokhar a été reconnu coupable le 8 avril des attentats du marathon de Boston qui avaient 3 morts et 264 blessés le 15 avril 2013, et de la mort d'un policier tué trois jours plus tard. Les jurés doivent décider entre peine de mort et réclusion à perpétuité, à l'issue de cette phase finale du procès.

Ils devront être unanimes pour imposer la peine capitale.

Une bonne partie de la matinée mardi a été consacrée à l'examen des ordinateurs de Tamerlan Tsarnaev.

Un an avant les attentats, la photo d'accueil de son ordinateur de bureau montre des corps ensanglantés gisant à terre. Et des notes numériques, écrites en russe, incitent à "rejoindre la campagne" au nom d'Allah. "Si Allah l'avait voulu, il se serait vengé lui même, mais il voulait tester certains d'entre vous", dit une autre note dont la traduction a été lue à l'audience.

Vidéos jihadistes

Plusieurs extraits de vidéos incitant au jihad, dont l'une affirme "nous n'avons besoin de consulter personne", ont aussi été montrés aux 12 jurés.

En 2012, Tamerlan Tsarnaev passe six mois en Russie, cherchant à rejoindre le jihad. Il évoque avec sa femme les combats et victimes en Syrie, lui envoie des liens vidéo. Elle recherche sur son propre ordinateur ce que serait la récompense pour la femme d'un "martyr".

Dans les dossiers cryptés de Tamerlan, des exemplaires du magazine Inspire d'Al-Qaïda, de la propagande islamiste. Des photos le montrent en tenue blanche, la tête couverte.

Depuis lundi, la défense présente à Boston ses témoins pour éviter la peine de mort à Djokhar Tsarnaev. Selon elle, il n'était que le "petit frère", entraîné dans la dérive fanatique de son aîné, décédé quatre jours après les attentats.

Lundi, la défense, avait décrit son environnement familial difficile, avec deux parents souffrant de maladies mentales, qui au moment des attentats étaient repartis en Russie. Tamerlan était alors devenu la seule figure d'autorité familiale pour Djokhar.

C'était "un bon gamin", avait déclaré l'un de ses avocats, David Bruck, tout en reconnaissant l'horreur des attentats. Il avait ajouté que rien ne pourrait jamais compenser cette horreur, quelle que soit la sanction imposée, et avait plaidé pour la réclusion à perpétuité.

La présentation de la défense doit durer deux semaines.

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