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28/04/2015 09:50 EDT | Actualisé 28/04/2015 09:50 EDT

Népal: maintenant 5 000 morts et le sol continue de trembler

ASSOCIATED PRESS
Family members break down during the cremation of earthquake victims in Bhaktapur near Kathmandu, Nepal, Sunday, April 26, 2015. A strong magnitude 7.8 earthquake shook Nepal's capital and the densely populated Kathmandu Valley before noon Saturday, causing extensive damage with toppled walls and collapsed buildings, officials said. (AP Photo/Niranjan Shrestha)

Des villageois affamés ont accouru mardi vers les hélicoptères d'aide humanitaire atteignant des zones reculées du Népal détruites par le séisme, implorant d'être évacués, quatre jours après la catastrophe qui a fait plus de 5 000 morts. 

"Le sol continue de trembler, cela a encore été le cas ce matin. A chaque fois, nous avons l'impression que nous allons être engloutis, que nous allons mourir. Je veux partir d'ici", déclare Sita Gurung.

Après que le Premier ministre Sushil Koirala a reconnu que secourir la population des zones les plus inaccessibles était un "défi considérable", l'aide a commencé à arriver dans ces villages qui n'ont pu compter que sur leurs propres forces pour surmonter le traumatisme du séisme de magnitude de 7,8 survenu samedi.

La catastrophe a fait 5 057 morts et plus de 10 000 blessés au Népal, selon le dernier bilan du ministère de l'Intérieur, tandis qu'une centaine d'autres sont mortes en Inde et en Chine. Parmi ces victimes, figurent les 18 alpinistes tués dans l'avalanche monstre qui s'est produite samedi sur l'Everest. 

Quelque huit des 28 millions d'habitants du Népal sont affectés, d'une manière ou d'une autre, selon l'ONU. 

Dans le district de Gorkha, l'un des plus touchés par le tremblement de terre, des habitants effrayés ont accouru les bras tendus vers l'hélicoptère de l'armée indienne pour demander de l'eau et des vivres.

Une journaliste de l'AFP à bord de l'appareil a vu des dizaines de maisons réduites à des tas de bois et de tôle ondulée.

"Nous n'avons reçu aucune nourriture depuis le séisme. Tout a été bouleversé, nous n'avons plus rien ici", dit Sita Gurung à l'AFP, montrant sa maison en ruine dans le village de Lapu. Cette femme de 24 ans a été installée sur une civière par les militaires pour être emmenée.

Des appareils des forces aériennes de plusieurs pays tels que les Etats-Unis, la Chine et Israël se sont joints aux secours.

Le Premier ministre népalais a déclaré au cours d'une réunion de crise que le gouvernement allait tenter de faire parvenir de l'aide d'urgence - tentes, eau potable et vivres - dans les villages himalayens les plus isolés. 

"Nous recevons des appels à l'aide de toutes parts. Mais nous sommes dans l'incapacité d'organiser simultanément les secours dans de nombreux endroits en raison du manque d'équipements et de spécialistes", a ajouté M. Koirala.

"La situation n'y est pas bonne. Tant de gens ont perdu leur maison. Ils n'ont pas assez d'eau et de nourriture", a déclaré Udav Prasad Timilsina, un responsable du district de Gorkha. "Nous n'avons pu soigner les blessés. Nous avons un besoin urgent de denrées essentielles comme la nourriture, l'eau, les médicaments, les tentes. Les secours arrivent, mais nous avons besoin d'aide".

Ruée sur les autocars

Parallèlement dans Katmandou, la capitale ravagée, les habitants se pressaient dans les magasins pour faire des réserves de denrées de base comme le riz et l'huile. De longues files d'attente s'étaient formées devant les stations-service pour y faire le plein.

Des familles entières se ruaient dans les autocars afin de se rendre dans leur village d'origine. Certains étaient même juchés sur les toits. 

Des mères accompagnées de leurs enfants, des pères chargés de valises tentaient de négocier avec les chauffeurs en vue de pouvoir monter à bord de véhicules bondés.

Les habitants contraints de rester à Katmandou ont passé une troisième nuit dehors sous des tentes de fortune, soit que leur maison se soit effondrée, soit qu'elle soit trop endommagée.

Le sol ne cesse de trembler et les gens ont trop peur pour rentrer chez eux.

"Il y a tellement de peur et de confusion", constate Bijay Sreshth, qui s'est réfugié avec ses trois enfants, sa femme et sa mère dans un parc. 

A Balaju, un quartier de la capitale, un père a eu la douleur de voir la police retirer le corps de sa fille des décombres de sa maison. "Elle était tout pour moi, elle n'a rien fait, elle ne devait pas mourir", dit Dayaram Mohat, s'effondrant sur le sol.

Les hôpitaux sont débordés et les médecins sont mobilisés 24 heures sur 24 pour soigner les blessés dans des conditions très difficiles. Les morgues arrivent à saturation.

Des promesses d'aide ont afflué de toute part, mais la congestion de l'unique aéroport international rend difficile l'arrivée des équipes et du matériel humanitaire. Des Japonais ont ainsi dû s'y reprendre à trois fois avant de pouvoir y faire atterrir leur appareil.

Le Fonds central pour les interventions d'urgence (CERF) de l'ONU a octroyé mardi 15 millions de dollars (13,7 millions d'euros) pour financer l'aide humanitaire au Népal, les Etats-Unis ont promis 10 millions de dollars, le Japon huit millions et l'Australie 4,7 millions de dollars.

Le Népal, à l'instar de tout le reste de l'Himalaya, où se rencontrent les plaques tectoniques indienne et eurasienne, est une région à forte activité sismique.

En août 1988, un séisme de magnitude 6,8 avait fait 721 morts dans l'est du Népal. En 1934, 10 700 personnes avaient perdu la vie dans un tremblement de terre de magnitude 8,1 dans ce pays et en Inde.

Des géologues ont estimé que le séisme avait pu déplacer Katmandou de quelques mètres vers le Sud, mais que l'Everest (8.848 mètres), lui, ne devrait pas avoir changé de hauteur.

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