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27/04/2015 11:10 EDT | Actualisé 27/06/2015 01:12 EDT

Uruguay : 4 ex-détenus de Guantanamo protestent devant l'ambassade US

Quatre des six anciens détenus de Guantanamo accueillis par l'Uruguay en décembre campent depuis vendredi devant l'ambassade américaine à Montevideo pour réclamer une indemnisation des Etats-Unis après leurs années de captivité.

"Ils ne nous donnent pas d'autre choix que de protester, nous ne voulons pas mais nous n'avons ni argent ni assistance, que pouvons-nous faire d'autre?", a déclaré lundi à l'AFP le Syrien Ali Hussein Shaaban, 33 ans.

Avec lui, les Syriens Abdelhadi Omar Faraj, 39 ans, et Ahmed Ahjam, 37 ans, ainsi que le Tunisien Adel Ben Mohammed El Ouerghi, 49 ans, dorment devant la représentation américaine à Montevideo depuis vendredi.

L'ambassade a fait savoir que les hommes devraient prendre rendez-vous pour être reçus, précisant qu'elle donnerait des instructions à ce sujet lundi.

Les deux autres ex-prisonniers - un Syrien et un Palestinien - accueillis par le petit pays, qui avait été le premier à agir ainsi en Amérique du Sud, ne participent pas à cette protestation.

Les six hommes ont passé treize ans dans la prison américaine de Guantanamo, à Cuba, sans jugement.

Disposant du statut de réfugiés et vivant à Montevideo, ils ont déjà témoigné de leurs difficultés d'adaptation, tant en raison de la langue que du coût de la vie et de leur longue incarcération.

Le gouvernement uruguayen, qui leur fournit une aide financière et un logement, a indiqué leur avoir proposé un accord, incluant selon la presse la nécessité d'apprendre l'espagnol et de commencer à travailler, pour leur permettre de continuer leur processus d'insertion.

Ces anciens détenus "ont la liberté de lancer des actions pénales et civiles. Ils ont souffert une injustice", a estimé le ministre des Affaires étrangères Rodolfo Nin Novoa, interrogé par le journal local El Pais.

"L'Uruguay a fait tout ce qui était en son pouvoir, toute sa société a fait un grand effort solidaire et ils doivent signer l'accord (proposé par le gouvernement, ndlr), ce n'est pas si difficile, il me semble", a-t-il ajouté.

Le pays a d'ores et déjà indiqué qu'il ne recevrait pas d'autres prisonniers de cette base américaine.

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