NOUVELLES
27/04/2015 19:01 EDT | Actualisé 27/06/2015 01:12 EDT

Urgence au Népal : frustration chez des sauveteurs de Vancouver

Ottawa semble peu enclin à envoyer au Népal l'équipe de recherche et de sauvetage en milieu urbain de niveau opérationnel lourd de Vancouver, dont elle a coupé le financement en 2013, malgré une offre active du gouvernement britanno-colombien qui finance désormais l'équipe avec la Ville de Vancouver.

Un texte de Anne-Diandra Louarn

Pour aider aux recherches dans les décombres du séisme, la Colombie-Britannique a offert les services de l'unité de recherche et sauvetage en milieu urbain de niveau opérationnel lourd de Vancouver, le RSMUEL.

Cette équipe hautement qualifiée a, toutefois, peu de chances d'être envoyée sur le terrain.

Pour pouvoir être déployé au Népal, le RSMUEL doit attendre l'approbation du gouvernement fédéral qui ne semble pas enclin à donner son feu vert. Plutôt que d'envoyer les sauveteurs du RSMUEL pour extraire les victimes des décombres, Ottawa a fait un don de cinq millions de dollars à la Croix Rouge.

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, Johanna Quinney, relationniste au ministère des Affaires étrangères, explique en outre que le gouvernement « a répondu de la manière la plus efficace » en envoyant, au lendemain du séisme, une délégation militaire, l'EICC, l'Équipe d'intervention en cas de catastrophe. Elle rappelle qu'il s'agit d'une équipe chevronnée qui a notamment été déployée lors du tremblement de terre en Haïti ou encore aux Philippines après le passage dévastateur du typhon Haiyan.

Cependant, au RSMUEL, on croit pouvoir faire plus.

« Notre équipe est composée de personnel médical, mais aussi d'experts en génie civil, d'ingénieurs en télécommunications et même de spécialistes en purification d'eau.... un élément essentiel pour éviter les crises sanitaires », explique Brian Godlonton, chef adjoint du service incendie et sauvetage de Vancouver.

« Nous sommes également autonomes pour deux semaines, ce qui évite d'être un fardeau une fois sur place. Nourriture, eau, couchage.... nous n'utilisons aucune ressource qui pourrait servir à ceux que nous venons aider. Nous avons notre propre matériel et nos vivres », ajoute-t-il.

Un manque de 400 000 dollars par an

Il n'existe présentement que quatre équipes de RSMUEL au pays : Vancouver (Task Force 1), Calgary (Task Force 2), Toronto (Task force 3) et Winnipeg (Task force 4). Depuis deux ans, le gouvernement fédéral a coupé toutes les subventions octroyées pour maintenir ces équipes et renouveler leurs entraînements.

« Task force 1 est uniquement financé par la province et par la Ville de Vancouver. Depuis qu'Ottawa a supprimé son aide, nous avons un manque à gagner de 400 000 dollars par an », explique Brian Godlonton. Des discussions sont en cours pour tenter de rétablir ces subventions.

En attendant, des frustrations s'expriment au sein du RSMUEL de Vancouver. Certains ont l'impression que le gouvernement fédéral préfère signer un chèque de cinq millions de dollars et réaliser ainsi une belle opération de communication plutôt que d'envoyer les équipes adaptées pour aider les survivants au Népal.

La dernière fois que le RSMUEL de Vancouver a été déployé remonte à 2013 lors des inondations en Alberta, et en 2005 lors de l'ouragan Katrina en Louisiane.

Biden ou Trump?
Suivez les dernières nouvelles, les analyses et les sondages dans cette course qui ne cesse de surprendre!