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27/04/2015 11:09 EDT | Actualisé 27/06/2015 01:12 EDT

Turquie: polémique autour d'une décision de justice favorable à la bête noire du régime

Le conseil supérieur de la magistrature turc (HSYK) a suspendu lundi trois juges qui avaient décidé de remettre en liberté des détenus accusés d'être proches de l'imam Fethullah Gülen, la bête noire du pouvoir islamo-conservateur, provoquant une vive polémique.

Samedi, ces trois magistrats d'un tribunal d'Istanbul ont créé la surprise en ordonnant la libération de Hidayet Karaca, patron du groupe de presse Samanyolu, et de 74 policiers arrêtés à la fin de l'an dernier pour, selon la justice, avoir comploté contre le régime du président Recep Tayyip Erdogan, qui dirige le pays 2003.

Le procureur s'est immédiatement opposé à cette décision, qu'il a jugée illégale.

Lors d'une réunion publique dans la cadre de la campagne pour les élections législatives du 7 juin, le Premier ministre Ahmet Davutoglu a accusé dès dimanche à Erzincan (est) les magistrats à l'origine de la décision d'avoir "reçu un ordre de la Pennsylvanie", l'État des États-Unis où M. Fethullah Gülen s'est retiré.

Dans leurs éditions de lundi, les journaux de la presse proches du gouvernement ont mis en cause les juges, traités en "une" de "traîtres".

De leur côté, les avocats des détenus ont dénoncé la non-application de la décision du tribunal d'Istanbul.

Avant de s'envoler pour le Koweït, M. Erdogan est lui-même intervenu dans le débat en accusant les trois magistrats d'"usurpation de pouvoirs". Réuni en urgence lundi, le HSYK les a suspendus à titre disciplinaire, ont rapporté les médias.

Depuis la fin 2013, M. Erdogan a procédé à de vastes purges dans la police, la magistrature et la fonction publique en limogeant ou arrêtant des centaines de personnes soupçonnées d'être proches de l'organisation de M. Gülen.

Dans un discours prononcé lundi devant MM. Erdogan et Davutoglu, le président de la plus haute instance judiciaire du pays, la Cour constitutionnelle, a insisté sur le respect du principe de "séparation des pouvoirs". "Là où le pouvoir n'est pas limité par les lois, les droits et les libertés sont en danger", a mis en garde Zühtü Arslan.

BA/pa/ai

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