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27/04/2015 13:58 EDT | Actualisé 27/06/2015 01:12 EDT

Présidentielle au Togo: le sortant Gnassingbé en tête des premiers résultats

Le président sortant du Togo, Faure Gnassingbé, arrive en tête de la présidentielle, avec 62% des suffrages contre 32% à son principal adversaire Jean-Pierre Fabre, selon de premiers résultats partiels annoncés lundi par la commission électorale.

Ces résultats représentent environ 12% du nombre estimé de votants et concernent 934 bureaux de vote (sur 8.994 au total) dans six régions différentes dans le centre, le nord et le sud.

Les Togolais, qui fêtent lundi leurs 55 ans d'indépendance, avaient voté samedi pour élire leur prochain président, dans un pays gouverné par la famille Gnassingbé depuis 48 ans et où l'opposition, avec quatre candidats et un parti appelant au boycott du scrutin, partait très divisée.

Le camp de Jean-Pierre Fabre a déjà dénoncé lundi des "fraudes" et des "bourrages d'urnes". Les résultats partiels "proviennent essentiellement de CELI (Commissions électorales locales indépendantes) dont nous contestons les résultats", a déclaré le porte-parole de M. Fabre, Éric Dupuy.

Sa formation, CAP 2015 (Combat pour l'alternance politique, une coalition de plusieurs partis d'opposition), avait déployé "au moins un observateur dans chaque bureau, et dans la plupart deux observateurs", a indiqué M. Dupuy, demandant "l'arrêt de l'annonce des résultats partiels".

Quant au président Gnassingbé, il a salué, dans sa traditionnelle allocution télévisée de la fête de l'Indépendance, une élection au "climat serein et apaisé sur toute l'étendue du territoire" et félicité les Togolais pour leur "maturité politique". Il avait assisté dans la matinée à un défilé militaire sur une grande avenue de Lomé, où les forces de sécurité se faisaient par ailleurs discrètes.

"J'invite chaque Togolaise et chaque Togolais à accepter le verdict des urnes", a-t-il ajouté.

La Commission électorale nationale indépendante (CENI), qui centralise les données des CELI, n'a pas dit quand tomberaient les résultats finaux.

Le ministre de l'Administration territoriale, Gilbert Bawara, a indiqué ne pas voir "de raison que les résultats ne puissent pas être annoncés" lundi.

- 'Aucun incident majeur' -

Des milliers d'observateurs indépendants ont suivi l'élection samedi. L'Union africaine (UA), qui en avait déployé 43, a estimé lundi que "cette élection a permis au peuple togolais de choisir son président (...) librement et dans la transparence", dans un "climat d'apaisement" et une "volonté de recherche du consensus" dans "la préparation et le déroulement du vote".

Dimanche, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) avait dit n'avoir repéré "aucun incident majeur susceptible d'entacher l'intégrité du processus de vote", évoquant "des conditions acceptables de liberté et de transparence".

Sur 214.876 bulletins comptabilisés à ce stade, le président sortant obtient 133.375 voix contre 68.957 à son principal rival, tandis que les trois autres candidats d'opposition ont chacun obtenu moins d'1% des voix, selon la CENI.

"Nous aurions voulu vous livrer un message plus complet, malheureusement, dans l'état actuel des choses, nous n'avons pas pu beaucoup avancer", a expliqué lundi Taffa Tabiou, le président de la CENI, après une nuit de comptage.

Le comptage est ralenti car l'opposition a réclamé - et obtenu - que la CENI base ses résultats sur les procès-verbaux format papier, et non sur le système informatique "Success" de centralisation des données électorales.

Le taux de participation s'établit à 53 à 55% des inscrits, nettement moins que la présidentielle précédente en 2010 (64,68%).

M. Gnassingbé brigue un troisième mandat après avoir remporté, en 2005 et 2010, des scrutins contestés par l'opposition. Celui de 2005 avait été calamiteux, entaché de fraudes massives et de violences électorales (400 à 500 morts, selon l'ONU). Celui de 2010 - déjà un duel Gnassingbé-Fabre, remporté par le premier (60,88% contre 33,93%) - avait été jugé acceptable par la communauté internationale.

Faure Gnassingbé avait initialement été porté au pouvoir par l'armée en 2005 à la mort de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui gouverna le Togo d'une main de fer pendant 38 ans.

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