NOUVELLES
27/04/2015 19:35 EDT | Actualisé 27/06/2015 01:12 EDT

Nouvelles émeutes à Baltimore, le gouverneur déclare l'état d'urgence

Le gouverneur du Maryland a déclaré l'état d'urgence lundi soir à Baltimore pour lui permettre éventuellement d'y déployer la garde nationale en réponse à de nouvelles émeutes qui ont secoué une partie de la ville.

Ces nouvelles violences, circonscrites dans un quartier du nord-ouest de la ville, ont fait sept blessés parmi les policiers et mené à des arrestations.

Elles ont éclaté juste après les funérailles d'un jeune Noir, Freddie Gray, décédé après son interpellation par la police.

"Les pillages et les actes de violence ne seront pas tolérés. En réponse (aux émeutes) j'ai mis la garde nationale en alerte afin qu'elle puisse se déployer rapidement si besoin", a annoncé le gouverneur du Maryland (est), Larry Hogan, dans un communiqué.

Des émeutes similaires avaient éclaté l'été dernier à Ferguson (Missouri, centre), après la mort d'un jeune Noir non armé, tué par un policier blanc.

La garde nationale du Missouri était aussi venue renforcer puis relayer la police locale, mais sa présence et l'usage par la police de matériel militaire avaient été contestés.

Une rencontre de baseball lundi soir dans le grand stade de Baltimore a été annulée par précaution.

Selon un porte-parole de la police, Eric Kowalczyk, les forces de l'ordre peuvent faire usage de gaz lacrymogène et de produits irritants pour disperser les émeutiers.

Le groupe de manifestants "refuse de suivre nos ordres de dispersion", a expliqué la police sur son compte Twitter, évoquant des individus "très agressifs et violents", munis de "bâtons, de briques, et d'autres armes".

Les manifestants ont jeté des pierres et d'autres objets en direction des forces de l'ordre munies de boucliers anti-émeute. Ils ont brûlé des voitures de police, pillé puis incendié un supermarché.

Ces violences "ne représentent pas la famille Gray, ni les sept derniers jours de manifestations pacifiques, et c'est pour ça qu'on demande à tous ceux qui participent (aux violences, ndlr) de rentrer chez eux", a affirmé le pasteur Jamal Bryant, qui présidait quelques heures auparavant aux obsèques du jeune Freddie Gray.

-'Menace' de gangs-

Au moment des funérailles, la police de Baltimore avait annoncé avoir reçu une "menace crédible" de gangs locaux qui auraient "noué un partenariat pour +éliminer+ des policiers".

Si le lien n'a pas été établi à ce stade avec les manifestations dans la ville, la police a demandé aux officiers de prendre leurs précautions.

Freddie Gray est décédé le 19 avril des suites d'une fracture des vertèbres cervicales une semaine après son interpellation à Baltimore, qui compte plusieurs quartiers sensibles.

Ce décès est le dernier d'une série de bavures policières qui ont ravivé les tensions entre la communauté noire et les forces de l'ordre.

Le drame de Ferguson avait provoqué émeutes et manifestations pendant plusieurs semaines. Une demi douzaine d'autres cas similaires ont depuis défrayé la chronique et reposé la question des violences policières.

La violence à Baltimore lundi soir contrastait avec le calme et la dignité de la cérémonie en hommage à Freddie Gray.

-'Un jour sacré'-

"C'était un jour sacré dédié aux funérailles. Donc pour nous, sortir de l'inhumation et se retrouver là dedans est absolument inexcusable", a souligné le pasteur Jamal Bryant.

Quelques 3.000 personnes, famille, amis et anonymes, tous Noirs, avaient rendu dans le calme un hommage mêlé de prières et de militantisme au jeune homme, qui reposait dans un cercueil blanc ouvert, entouré de gerbes de fleurs blanches dans l'église baptiste New Shiloh.

La cérémonie s'est conclue vers 13H30 (17H30 GMT) par l'éloge funèbre du pasteur Jamal Bryant, qui a déclaré que Freddie Gray "a fait ce qu'on interdit aux hommes noirs de faire : il a regardé un policier dans les yeux".

Peu avant, elle avait pris une tournure politique avec l'intervention de l'avocat de la famille, Billy Murphy, très applaudi : "nous sommes ici pour Freddie Gray, mais aussi parce qu'il y a beaucoup de Freddie Gray".

-'Plein de haine'-

Un écran à l'intérieur projetait le message : "La vie des Noirs compte et toutes les vies comptent".

Le responsable de la cellule récemment mise en place par le président Barack Obama en faveur des jeunes Noirs (My Brother's Keeper Task Force), Broderick Johnson, représentait le gouvernement.

Le militant Jesse Jackson a dénoncé, avant la cérémonie, une "épidémie de meurtres dans le pays". "Nous sommes devenus trop violents, trop plein de haine", a-t-il dit, dénonçant la pauvreté des villes.

Depuis l'annonce de la mort de Freddie Gray, des manifestations ont lieu quotidiennement à Baltimore.

Celle qui a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche avait déjà dégénéré en violences.

Plusieurs enquêtes ont été lancées pour élucider les circonstances des blessures de Freddie Gray. La police de Baltimore a convenu vendredi que le jeune homme aurait dû recevoir une assistance médicale après son arrestation. Six policiers ont été suspendus en attendant les conclusions de l'enquête.

ff-are/lb

Biden ou Trump?
Suivez les dernières nouvelles, les analyses et les sondages dans cette course qui ne cesse de surprendre!