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27/04/2015 09:48 EDT | Actualisé 27/06/2015 01:12 EDT

Lutte contre la menace terroriste: la France réfléchit aux moyens de son armée

La France doit décider mercredi des moyens alloués à son armée, très sollicitée sur le territoire national depuis les attentats de janvier, mais également à l'étranger contre des groupes jihadistes au Mali ou en Irak.

Le président François Hollande réunira plusieurs ministres et responsables militaires pour un Conseil de défense qui s'annonce délicat dans un contexte budgétaire contraint.

Près de 9.000 militaires français sont déployés sur des théâtres d'opération extérieure, notamment pour lutter contre des groupes islamistes au Sahel ou dans le Golfe, mais aussi pour stabiliser la Centrafrique.

Depuis les attentats jihadistes, qui ont fait 17 morts des 7 au 9 janvier à Paris, 10.000 militaires supplémentaires sont mobilisés pour protéger des sites sensibles dans le pays, notamment des lieux de culte juifs.

Cette mobilisation intérieure, baptisée opération Sentinelle, durera au minimum jusqu'au début de l'été, avait décidé en mars François Hollande, en prévoyant de fixer à 7.000 la capacité de déploiement interne sur le long terme de l'armée.

Cet objectif complique des réductions d'effectifs votées en 2013 afin de supprimer 7.500 postes par an dans les armées en 2015, 2016 et 2017.

En janvier, le président Hollande avait déjà renoncé à 7.500 de ces suppressions. Quelque 10.000 postes supplémentaires pourraient être sauvés, indiquait en mars à l'AFP le ministère de la Défense.

Maintenir les effectifs de l'armée impliquera toutefois un surcoût de plusieurs centaines de millions d'euros par an, sur un budget déjà tendu.

L'opération Sentinelle coûte environ un million d'euros par jour. Et le budget initial de la Défense, de 31,4 milliards d'euros en 2015, misait sur des recettes exceptionnelles de 2,2 milliards d'euros qui ne seront pas réalisées à temps.

Pour s'en sortir, le ministère de la Défense a proposé de créer des "sociétés de projet", des instruments juridiques qui achèteraient des matériels militaires (Airbus A400M et frégates) pour les louer à l'armée.

Mais le ministère des Finances, qui trouve cette solution coûteuse et inutile, ne l'entend pas de cette oreille. François Hollande devra donc trancher mercredi le bras de fer entre les deux ministères.

chp/prh/ai

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