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27/04/2015 13:27 EDT | Actualisé 27/06/2015 01:12 EDT

Les caméras américaines tournent à plein régime au Canada

L'industrie du cinéma bat son plein au Canada, grâce notamment à la production étrangère majoritairement américaine. Depuis plus d'un an, les producteurs reviennent en masse au pays pour profiter entre autres des crédits d'impôt accordés par les provinces, et surtout pour la faiblesse du dollar canadien.

Un texte de Frédéric Arnould

Pendant 2 semaines, l'accès au viaduc Georgia de Vancouver, l'un des axes routiers les plus fréquentés dans la ville, était fermé à la circulation pendant une bonne partie de la journée. La raison? Un des multiples tournages de grosses productions américaines qui pullulent pour l'instant dans la métropole. Dans ce cas-ci, il s'agissait du huitième volet de la série « X-Men », baptisée Deadpool avec Ryan Reynolds. Pas de doute, Hollywood est plus que jamais de retour à Vancouver.

De gros sous

L'industrie du cinéma et de la télévision représente près de 6 milliards de dollars au Canada et emploie 125 mille personnes. Le tiers de ces productions sont américaines.

Comme chef machiniste sur les lieux de tournage, Vincent Phillips ne sait plus où donner de la tête. Parmi ses récents contrats, de multiples séries de fiction pour la télévision et tout récemment Fifty shades of Grey, le mégasuccès coquin tourné à Vancouver et qui a rapporté plus d'un demi-milliard de dollars au box-office mondial.

Crise terminée?

Il y a deux ans, les artisans du film demandaient que la Colombie-Britannique augmente les crédits d'impôt pour attirer les producteurs alléchés davantage par le Québec ou la généreuse Ontario qui, elle, offrait 35 % de rabais et 25 % de crédits d'impôt sur l'ensemble des coûts de production.

Le gouvernement, lui, n'a pas bronché face à ces revendications. Mais, aujourd'hui, deux ans plus tard, le nombre de productions à Vancouver a explosé.

Twilight, Iron Man 3, Edge of Tomorrow, Final destination, on ne compte plus les « blockbusters » tournés en ville.

Résultat : que ce soit pour les effets spéciaux ou autres, la Colombie-Britannique engloutit maintenant 59 % des budgets des films américains tournés au Canada. Et le faible taux de change du dollar canadien a changé la donne. Faites le calcul, 20 % moins cher sur un projet de 100 millions de dollars, ça fait toute une différence.

Le bonus de Vancouver

« Le climat plutôt clément de Vancouver compte aussi pour beaucoup », selon Richard Brownsey, le président de Creative BC. « De plus, ajoute-t-il, seulement deux heures et demie de vol nous séparent de Los Angeles, et c'est sur le même fuseau horaire. »

Plutôt difficile donc pour les autres grandes villes canadiennes de se battre face à Vancouver. Mais, Toronto semble trouver sa niche en accueillant majoritairement les séries télévisuelles américaines.

Et le Québec alors?

Le Québec accueille, lui, 8 % des tournages de la production étrangère totale. La faiblesse du dollar canadien donne évidemment un avantage non négligeable, selon Daniel Bissonnette, le directeur cinéma, festival, événements à la ville de Montréal.

Il ajoute que la diversité des décors naturels de Montréal permet à la ville de tirer son épingle du jeu de plus en plus.

Au total, l'industrie calcule déjà que 2015 promet déjà d'être une année plutôt lucrative, Vancouver en tête, suivi de Toronto et Montréal.

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