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27/04/2015 06:50 EDT | Actualisé 27/06/2015 01:12 EDT

Le séisme a également dévasté l'économie du Népal

Le séisme au Népal frappe durement l'un des pays les plus pauvres d'Asie qui va devoir affronter une reconstruction titanesque et risque d'être fortement affecté par une chute des recettes du tourisme, pourtant cruciales pour son économie.

La secousse a semé le chaos dans la capitale Katmandou, le poumon économique du pays himalayen, et tué plus de 3.500 personnes.

Minée par l'instabilité politique depuis la fin de la guerre contre les rebelles maoïstes en 2006, le Népal, très exposé aux tremblements de terre, va devoir s'atteler à un effort massif de reconstruction qu'il ne peut mener seul.

"Le séisme a un impact dévastateur sur l'économie du Népal, qui est un pays très pauvre et a des capacités extrêmement limitées de financer les secours et la reconstruction en comptant sur ses seules ressources", explique Rajiv Biswas, chef économiste pour l'Asie-Pacifique du cabinet IHS.

"Le coût à long terme de la reconstruction du Népal en appliquant les critères de reconstruction des bâtiments situés dans des régions menacées par d'importants séismes pourrait dépasser 5 milliards de dollars, soit environ 20% du PIB du Népal", ajoute-t-il dans une note. "Une aide internationale massive pour les secours est nécessaire de façon urgente, tout comme une assistance financière et technique de grande ampleur pour la reconstruction de l'économie à long terme".

Le Népal affiche un PIB par habitant de seulement 1.000 dollars, selon IHS et de nombreuses familles vivent dans la pauvreté, comptant sur l'agriculture et, de façon croissante sur le tourisme, pour joindre les deux bouts.

L'agriculture emploie 70% de la population et contribue pour 33% au PIB du pays, selon le site du cabinet.

La tragédie de samedi, la plus grave du Népal depuis le séisme de 1934 qui avait tué 10.700 personnes, a détruit routes et bâtiments, paralysant les communications.

Selon un responsable de la Banque asiatique de développement (BAD), environ 40% du pays a été touché.

"Les gens ont perdu leur maison et leurs biens. Le gouvernement va devoir, lui, évaluer les pertes en infrastructures", souligne l'économiste basé à Katmandou, Bishamber Pyakurel, auprès de l'AFP. "La croissance va être touchée. L'agriculture compte pour 30% de notre PIB et 36 districts (sur 75) ayant été affectés, il est peu probable que les prévisions de croissance soient tenues. Les temps s'annoncent difficiles".

La probable hausse des prix de l'alimentation va placer un peu plus en difficultés les familles qui ont tout perdu. "La demande en produits de première nécessité augmente mais l'offre est limitée", dit l'économiste.

- 'Katmandou paralysée' -

La croissance a atteint 5,48% l'an dernier au Népal, selon des statistiques officielles, soit une nette amélioration par rapport aux +0,16% enregistrés au plus fort de l'insurrection maoiste en 2002.

La guerre civile a fait plus de 16.000 morts. Le gouvernement a commencé à redresser le pays en dépit des rivalités politiques qui bloquent l'approbation d'une nouvelle Constitution.

Le Népal compte de façon croissante sur le tourisme et a ainsi attiré près de 800.000 visiteurs étrangers en 2013 venus faire du trekking ou du tourisme culturel à Katmandou.

La capitale, habituellement au coeur de l'activité économique, a été broyée par le tremblement de terre et des dizaines de milliers de ses habitants ont été contraints de se réfugier sous des tentes de fortune.

La tour Dharahara, l'une des attractions touristiques majeures de la capitale sur la place du Durbar, n'est plus que ruines.

"Katmandou est le coeur de l'économie et se retrouve paralysée", a dit Madhukar Shumsher Rana, ancien ministre des Finances, à l'agence Bloomberg.

Le séisme a déclenché une énorme avalanche sur l'Everest, ensevelissant une partie du camp de base et tuant au moins 18 personnes.

Les ressources apportées par les alpinistes pourraient rapidement venir à manquer pour 2015.

"Il est possible qu'il n'y ait plus d'ascension cette année. Mais aucune décision officielle n'a encore été prise", a dit le responsable du département touristique, Tulsi Gautam.

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