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27/04/2015 12:12 EDT | Actualisé 27/04/2015 12:12 EDT

«La French», Jean Dujardin se bat contre la pègre (VIDÉO/PHOTOS)

Dans nos salles depuis vendredi, La French est une incursion ambitieuse au cœur des années 1970 à Marseille, ville portuaire alors gangrénée par la pègre locale. Jean Dujardin y incarne le jeune juge Pierre Michel assassiné pour avoir voulu mettre sous les verrous le mafieux Gaëtan Zampa. Le Huffington Post Québec s’est entretenu avec l’acteur français qui a fait un sacré bout de chemin depuis la série Un gars, une fille.

Lorsqu’il a reçu l’Oscar en 2012 du meilleur acteur pour son interprétation dans The Artist (gagnant de cinq Oscars au total), Jean Dujardin a lâché au micro un retentissant «Oh putain, merci!», une déclaration qui lui ouvrait ainsi les portes d’Hollywood. «Gagner la statuette a été pour moi un merveilleux accident, déclare-t-il lucide. Je vois cela comme un heureux concours de circonstances.»

Ses participations récentes dans The Wolf of Wall Street de Martin Scorsese et The Monuments Men de George Clooney n’ont pourtant pas fait de lui un acteur américain. «Je ne serai jamais un acteur américain, rétorque-t-il. Mon anglais est trop mauvais, alors je me contente de jouer des petits personnages dotés d’un fort accent français.»

Et puis, Dujardin ne veut pas forcément d’une carrière chez les Yankees se disant très heureux de faire des films en Hexagone. «Je ne vois aucun problème à continuer de jouer en France. Les rôles qu’on me propose dans mon pays sont souvent plus intéressants qu’aux États-Unis. D’ailleurs, avec La French j’ai ressenti beaucoup plus de sensations que dans n’importe quel autre film américain.»

Une histoire vraie

Basé sur des faits réels, cette fresque très seventies de Cédric Jimenez est un pur polar à la française dans lequel Jean Dujardin semble avoir pris un grand plaisir. «Je me suis éclaté. J’ai retrouvé mon pote Gilles Lellouche dans cette aventure. C’est lui qui campe le bandit que je tente d’arrêter dans une sorte de face à face plutôt tendu.»

L’acteur porte le costume chemise-cravate du magistrat intègre prêt à se battre contre une mafia puissante et omniprésente estampillée French Connection. Pendant plus d’une décennie, elle a fait de la citée phocéenne une des plaques tournantes du trafic de drogue. «Il n’avait peur de rien, raconte Dujardin. Il s’est lancé seul dans une véritable croisade avec comme unique certitude le triomphe de la justice. Il était à la fois un magistrat, un mari et un père de famille. Même s’il a fini assassiné, son nom est rentré dans la légende.»

L’œuvre se permet quelques libertés telle cette rencontre inventée entre le juge Michel et le fameux gangster Zampa. «Ils ne se sont jamais rencontrés, confirme Dujardin. Par contre, je trouvais intéressant de me confronter avec Gilles que je trouve formidable et surprenant.»

Incarner une figure aussi emblématique de l’histoire judiciaire a mis une certaine pression sur les épaules de Dujardin. «Je voulais lui rendre hommage sans le trahir, car cet homme a été un héros courageux. J’ai un gros respect pour lui. Je voulais également donner ma version du juge Michel sans la prétention de me mettre à sa place.»

L’acteur déambule comme un poisson dans l’eau à travers les rues de Marseille constamment baigné par un soleil de plomb. «Je connais bien la ville pour m’y être baladé dans ses ruelles étroites et son Vieux-Port. Ce que je trouve intéressant, c’est que le film fait de cet endroit un lieu marqué par le cinéma du temps de Jean-Paul Belmondo ou Lino Ventura, deux grands comédiens qui auraient pu se retrouver dans La French

L’entrevue a été réalisée à Paris grâce à l’invitation des Rendez-vous d’Unifrance.

La French – Les Films Séville – Drame policier – 135 minutes – Sortie en salles le 24 avril 2015 – France.

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