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27/04/2015 15:47 EDT | Actualisé 27/06/2015 01:12 EDT

La consultation sur l'aide médicale à mourir ne s'est pas encore matérialisée

OTTAWA - Deux mois après que le premier ministre Stephen Harper eut promis de consulter largement la population sur l'aide à mourir avec l'assistance d'un médecin, le gouvernement fédéral n'a pas encore révélé comment il entendait recueillir les opinions des Canadiens sur cet enjeu fort délicat — et encore moins comment il allait légiférer sur le sujet.Et le temps file.Lorsque la Cour suprême a invalidé la prohibition de l'aide médicale à mourir, elle a donné au gouvernement fédéral 12 mois pour rédiger une nouvelle loi qui reconnaît le droit des adultes clairement consentants, qui souffrent de douleurs physiques ou mentales intolérables, de recourir à une aide médicale pour mettre fin à leurs jours.Avec le Parlement qui ne doit siéger que six autres semaines avant la longue pause d'été et l'élection à l'automne, le gouvernement n'a que trois ou quatre mois pour déposer un projet de loi à ce sujet, en débattre et le faire adopter.Le temps est si serré que le député conservateur Steven Fletcher soupçonne que le résultat le plus probable est qu'il n'y aura pas de nouvelle loi fédérale, ce qui laisserait aux provinces la responsabilité de remplir le vide avec une multitude de lois, à l'intérieur des paramètres dessinés par la Cour suprême.M. Fletcher ne voit pas comment le gouvernement pourra respecter l'échéancier avec si peu de temps devant lui.Le fédéral a déjà dit qu'il ne demanderait pas à la Cour une prolongation du délai accordé dans le jugement.Les conservateurs de Stephen Harper ont voté, il y a deux mois, contre une motion des libéraux pour créer un comité multipartite qui consulterait et rédigerait un rapport avant la fin de l'été avec une proposition de cadre législatif.À ce moment, le gouvernement avait dit qu'il allait lancer son propre processus de consultation.Bob Dechert, le secrétaire parlementaire du ministre de la Justice, avait fait valoir qu'une consultation par un comité ne serait pas assez large pour rendre justice à un sujet aussi complexe et explosif.«En fait, nous suggérons que des dizaines de milliers, peut-être des centaines de milliers de Canadiens veulent être entendus à ce sujet», a-t-il dit, promettant que des consultations «significatives» seraient lancées «très bientôt» par Internet, des rencontres publiques et d'autres moyens.Rien d'autre n'a été dit au sujet des consultations depuis.Questionnée la semaine dernière sur ce silence radio, une porte-parole du ministre de la Justice Peter MacKay a dit: «Nous reconnaissons l'échéancier serré imposé par la Cour suprême et nous devrions être en mesure d'annoncer ce que nous allons faire en temps et lieu».L'opposition est d'avis que le gouvernement se traîne volontairement les pieds, étant réticent à agir avant l'élection sur un sujet qui pourrait aliéner certains de ses partisans — incluant des députés actuels qui ont demandé au gouvernement d'invoquer la clause nonobstant afin d'outrepasser le jugement de la Cour.

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