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27/04/2015 08:44 EDT | Actualisé 27/06/2015 01:12 EDT

L'opposant Louay Hussein a réussi à quitter la Syrie pour l'Espagne

Le célèbre opposant syrien de l'intérieur Louay Hussein a annoncé lundi avoir réussi à quitter son pays et gagné l'Espagne, où réside sa famille, malgré l'interdiction de voyager imposée par la justice syrienne.

"Je suis arrivée hier en Espagne après un difficile voyage car j'ai senti que ma vie était en danger et je voulais donc à tout prix quitter le pays", a-t-il dit à l'AFP, joint par téléphone à Madrid.

"Il n'y a plus aucune possibilité d'entente avec le régime qui s'est transformé en milice et n'est pas capable de s'entendre politiquement avec ses opposants", a ajouté le dissident.

Louay Hussein, 55 ans, est alaouite, la même confession que le chef de l'Etat Bachar al-Assad. Il a été libéré le 25 février après trois mois de prison.

Chef du Mouvement pour la reconstruction de l'Etat syrien, il est inculpé pour avoir "affaibli le moral de la nation" et "propagé des informations mensongères". Le tribunal criminel de Damas devait rendre le 29 avril son verdict.

M. Hussein a indiqué qu'il allait rencontrer dans quelques jours à Istanbul des dirigeants de l'opposition, notamment de la Coalition nationale syrienne, considérée par la communauté internationale comme la principale force d'opposition au régime de Damas.

"Je vais rencontrer la Coalition nationale à Istanbul car elle est la principale force d'opposition à l'extérieur du pays et il faut s'entendre sur les moyens de sauver le pays. Il faut que nous en discutions pour arriver à une position commune afin de la présenter au (médiateur de l'ONU pour la Syrie) Staffan de Mistura à Genève", a-t-il dit.

Ce dernier doit entamer, début mai, des consultations séparées avec des représentants du régime, de l'opposition et de la société civile, ainsi qu'avec des acteurs régionaux, pour "tester" la volonté des protagonistes.

Selon M. Hussein, "le point qui doit être discuté (avec la Coalition) c'est la déclaration de Genève et surtout l'organe de transition. Il faut que nous ayons une position claire et détaillée sur cette instance", a-t-il dit.

Le communiqué de Genève est un document signé par les grandes puissances le 30 juin 2012 comme plan de règlement politique du conflit, à l'issue de la première conférence internationale sur la question syrienne, appelée "Genève 1".

Elle prévoit la mise en place d'un gouvernement de transition qui pourrait inclure des membres du gouvernement actuel, mais l'avenir de Bachar al-Assad n'est pas précisé.

M. Hussein a par ailleurs accusé les jihadistes du Front Al-Nosra, branche syrienne du groupe Etat islamique (EI) et le régime de porter atteinte à "l'entité politique, la structure sociale" de la Syrie.

Il a aussi appelé la "composante alaouite à participer aux changement car on ne peut pas faire le changement sans qu'elle joue un rôle". Les alaouites représentent 5% de la population, mais ont en main tous les leviers du pouvoir.

Selon Anas Joudé, un dirigeant du Mouvement pour la reconstruction de l'Etat syrien, Louay Hussein a pris un vol intérieur pour Qamishli (nord-est) puis s'est rendu en voiture vers la localité frontalière de Ras al-Ain, tenue par la milice kurde du YPG avent de rejoindre la Turquie.

"Nous n'étions pas au courant de son voyage. La nouvelle a éclaté comme une bombe", a déclaré Anas Joudé à l'AFP, annonçant également la dissolution du Mouvement, aussitôt démentie par Louay Hussein.

"Rien n'a changé. Le mouvement est toujours présent mais il a transféré son siège de l'intérieur à l'extérieur de la Syrie et un certains nombre de membres ont démissionné pour différentes raisons", a-t-il dit à l'AFP.

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