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27/04/2015 12:57 EDT | Actualisé 27/06/2015 01:12 EDT

L'élection d'un nouveau dirigeant chypriote-turc suscite espoir à Chypre, émoi à Ankara

La presse et le dirigeant chypriote-grec Nicos Anastasiades ont exprimé lundi leur espoir d'avancer vers la réunification de l'île méditerranéenne divisée depuis plus de quarante ans, après l'élection d'un nouveau dirigeant chypriote-turc dans la partie nord de l'île.

Mais la Turquie, seul Etat à reconnaître la République turque de Chypre-nord (RTCN), a rapidement émis des réserves à l'élection de Mustafa Akinci, qui n'a pas caché son intention de desserer les liens avec Ankara.

"L'espoir existe de voir notre patrie réunifiée pour devenir un Etat moderne gouverné selon les principes de l'Union européenne, ce qui ouvre des perspectives de coopération, de paix et de tranquillité", a déclaré le président de la République de Chypre, Nicos Anastasiades, dont l'autorité s'exerce sur la partie sud de l'île.

La veille, il avait félicité Mustafa Akinci, élu avec 60,50% des voix "président" de la RTCN, petit bout de territoire non reconnu par la communauté internationale et qui occupe le tiers nord de Chypre depuis son invasion par la Turquie il y a plus de 40 ans.

"Notre main est tendue (...) comme une invitation à la coopération", a ajouté M. Anastasiades, dont le pays a adhéré à l'UE en 2004.

M. Akinci, homme politique expérimenté de centre-gauche, est connu pour ses positions favorables à la réconciliation.

Les deux hommes devraient se rencontrer très rapidement à l'occasion de la reprise des négociations de paix, suspendues depuis des mois et dont l'ONU a annoncé début avril la reprise.

Les Nations unies ont indiqué que l'envoyé spécial de l'ONU Espen Barth Eide était attendu sur l'île du 4 au 8 mai.

La presse chypriote-grecque s'est aussi réjoui de l'élection de Mustafa Akinci, dont le logo de campagne était la branche d'olivier. "Une page a été tournée avec Akinci", titrait le principal quotidien chypriote-grec Phileleftheros, tandis que le journal communiste Haravghi évoquait "une branche d'olivier portant la fleur de l'espoir" sur sa une.

Après sa victoire, M. Akinci, élu pour cinq ans, a réitéré sa volonté de "mettre en oeuvre une politique visant à trouver une solution" à la division.

"Les Chypriotes-turcs doivent avoir le contrôle de leurs propres institutions. Nous serons maîtres chez nous", a-t-il ajouté au sujet des relations avec la Turquie, qui contribue à un tiers du budget de la RTCN.

Une déclaration qui a immédiatement fait bondir Ankara, le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan rappelant dès lundi à l'ordre le tout nouveau "président".

"M. le président ne réalise pas bien ce qu'il dit", a lancé M. Erdogan devant la presse, assurant que la Turquie entendait bien garder sa mainmise sur la RTCN.

"Chaque année, nous contribuons à hauteur d'un milliard de dollars" au budget de la RTCN, a souligné M. Erdogan. "Nous avons payé un lourd tribut (à Chypre-Nord) et c'est justement pour cela que nous en sommes la mère-patrie".

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