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27/04/2015 04:46 EDT | Actualisé 27/06/2015 01:12 EDT

Deutsche Bank fait ses adieux à Postbank et lance une nouvelle restructuration

Deutsche Bank a mis fin au suspense: la première banque allemande se défera bien de la Postbank, pas assez rentable, mais veut rester la banque de tous les Allemands, tout en faisant de sérieuses économies.

Après des mois de spéculations, Deutsche Bank a dévoilé lundi matin le plan de bataille pour les années futures approuvé vendredi soir par son conseil de surveillance. Il prévoit un nouveau tour de vis sur les dépenses, qui doivent fondre de 3,5 milliards d'euros d'ici 2020, ainsi qu'un vaste recentrage de ses activités.

Le groupe basé à Francfort (ouest), dont le précédent plan stratégique "2015+" prévoyait déjà une réduction drastique des coûts, compte notamment réduire le nombre de pays dans lesquels il opère et abaisser de 130 milliards d'euros l'exposition aux risques de sa banque d'affaires.

La banque au logo bleu va par ailleurs se défaire de sa filiale de détail Postbank, privatisée par l'Etat allemand en 1995 et cotée à la Bourse de Francfort, qu'elle avait avalée entre 2008 et 2010.

Cette filiale qui emploie 9.800 salariés et revendique 14 millions de clients en Allemagne s'est révélée peu rentable et a contraint le groupe à de lourds efforts pour renforcer son assise financière, nouvelles règles macroprudentielles obligent.

En parallèle, Deutsche Bank espère doper sa rentabilité en investissant massivement dans le numérique et en accélérant la croissance de certaines activités, comme la gestion de patrimoine, de plus en plus attractive depuis sa rénovation lancée en 2012.

- Ne plus être 'tout pour tout le monde' -

Deutsche Bank avait promis de longue date de présenter au cours du deuxième trimestre une nouvelle stratégie, qui doit remettre en selle la première banque allemande très touchée notamment par le durcissement de la régulation financière et l'environnement de faibles taux d'intérêt.

La banque, qui emploie plus de 98.000 personnes pour 32 milliards d'euros de chiffre d'affaires, fait depuis longtemps le grand écart entre ses aspirations internationales dans la banque d'investissement - elle revendique une place dans le "top 5" mondial sur ce créneau - et son enracinement dans la banque de détail en Allemagne, renforcé avec le rachat de Postbank.

La direction bicéphale, avec l'ex-banquier d'investissement indien Anshu Jain et l'Allemand Jürgen Fitschen, reflète cette dualité.

Après des mois de questionnements concernant ce positionnement, la banque a finalement tranché: "Nous réaffirmons notre engagement à être l'une des premières banques mondiales basée en Allemagne, (...) universelle mais en évitant d'être tout pour tout le monde", ont martelé lundi ses deux patrons dans un communiqué.

La banque affirme notamment vouloir continuer à jouer un rôle de premier plan dans les activités de détail en Allemagne et dans "cinq pays attractifs", sans toutefois les nommer.

A la faveur de cette stratégie, Deutsche Bank compte atteindre un taux de rendement des fonds propres de "plus de 10%", ainsi qu'un ratio de fonds propres "durs", au sens de la terminologie bancaire de Bâle III, d'environ 11%.

- Risques juridiques -

"Pour nous, ce n'est pas une chose négative que Deutsche Bank s'accroche au modèle de banque universelle. (...) le développement traditionnellement plus stable des revenus dans les activités de détail est important pour compenser les recettes plus volatives" dans la banque d'investissement, souligne dans une note Philipp Häßler, analyste pour la banque Equinet.

"Les objectifs pour 2020 ne nous semblent pas trop ambitieux et devraient être atteignables. Pour autant, les risques juridiques et les questions de capital restent les principaux défis et risques pour" la banque, ajoute cet analyste.

Deutsche Bank a été mêlée à presque toutes les grandes enquêtes visant les banques ces dernières années, d'où la nécessité de mettre de l'argent de côté en prévision de sanctions. M. Fitschen sera par ailleurs jugé à partir de mardi pour faux témoignage dans une vieille affaire et encourt une peine de prison.

En dépit de ces défis, le groupe a publié dimanche un bénéfice net de 544 millions d'euros au premier trimestre, faisant mieux qu'escompté par les analystes et malgré une charge de 1,5 milliard d'euros pour litiges juridiques.

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