NOUVELLES
27/04/2015 06:22 EDT | Actualisé 27/06/2015 01:12 EDT

Des Canadiens coincés au Népal dénoncent l'incurie d'Ottawa

Des Canadiens qui demeurent coincés au Népal au surlendemain du violent séisme qui a frappé le pays pestent contre l'incurie du gouvernement fédéral qui, disent-ils, ne fait absolument rien pour leur venir en aide.

L'un d'eux, Denis Prud'homme, a expliqué à ICI RDI lundi matin qu'il a trouvé refuge sur le terrain d'un club récréatif appartenant à l'ambassade américaine, d'où il attend avec impatience des nouvelles d'Ottawa.

« Mes collègues canadiens et québécois, on est vraiment déçus du gouvernement actuel parce qu'aucune aide n'a été offerte. Au consulat, on nous fait signer un registre pour nous dire : "on va vous appeler quand on aura quelque chose de plus précis" », dit-il.

M. Prud'homme explique que ces filles ont écrit au ministère des Affaires étrangères en utilisant l'adresse de courriel destinée aux ressortissants canadiens qui ont besoin d'une aide consulaire, mais en vain.

« Tout ce que j'ai reçu, c'est : "Nous avons bien reçu votre courriel et nous allons mettre votre demande dans votre dossier. Nous complétons votre dossier" », se désole-t-il. Selon lui, les Canadiens qui se sont rendus au consulat canadien à Katmandou n'ont rien appris non plus.

« Le Canada ne fait absolument rien. Même ici, lorsqu'ils font des réunions sur le site, on demande toujours : "est-ce que le Canada est entré en contact avec vous?" Ils n'ont aucune nouvelle de ce qui se passe pour le Canada. C'est un peu malheureux. »

M. Prud'homme affirme que des pays comme l'Inde, le Bangladesh et la Chine ont réussi à évacuer certains de leurs ressortissants, « alors que le Canada fait la sourde oreille et ne répond pas du tout aux appels des gens qui sont sur place. »

M. Prud'homme souligne qu'il est logé à l'heure actuelle sous un chapiteau installé sur le terrain américain, où il bénéficie d'un accès à de l'eau potable, à de l'électricité et même à une connection Internet.

Même son de cloche du côté de Bryan Prince, un résident de Hamilton qui est coincé dans Katmandou avec 25 autres Canadiens, et qui dit avoir trouvé refuge sur un site américain appelé The American Mission Association à Katmandou. On ne sait pas avec certitude s'il s'agit du terrain évoqué par M. Prud'homme.

Contacté par Radio-Canada, M. Prince a répondu dans un bref courriel qu'il était sain et sauf, mais laisse entrevoir son mécontentement. « Merci de vous intéresser à nous plus que notre consulat canadien à Katmandou », écrit-il à la fin de son message.

M. Prince a écrit au ministre des Affaires étrangères Rob Nicholson en fin de semaine. Il expliquait se trouver sur le terrain du consulat canadien avec de « nombreux » autres concitoyens, et soulignait que la situation demeurait périlleuse pour tous en raison des répliques sismiques.

Selon sa conjointe, Joan Keating, M. Prince et son groupe ont quitté le consulat canadien au cours des dernières heures. « C'est tout juste si on ne leur a pas dit de partir », déplore-t-elle dans un courriel envoyé à Radio-Canada. « On leur a dit qu'ils devraient trouver une aire ouverte, loin des immeubles et dormir là ».

« Ils sont allés au consulat américain, où ils ont été très bien traités. On leur a donné de la nourriture, de l'eau et une toile pour qu'ils puissent dormir en étant protégés de la pluie », explique-t-elle.

Mme Keating dit avoir réservé une place pour son mari et d'autres membres de son groupe à bord d'un avion qui doit quitter Katmandou pour Istanbul, en Turquie, jeudi. Il s'agissait, dit-elle, du « seul vol disponible ».

Au moins 388 Canadiens se trouvent actuellement au Népal, selon le registre du ministère canadien des Affaires étrangères. Ce chiffre n'est qu'une estimation cependant, puisque l'enregistrement est volontaire.

Biden ou Trump?
Suivez les dernières nouvelles, les analyses et les sondages dans cette course qui ne cesse de surprendre!