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27/04/2015 10:11 EDT | Actualisé 27/06/2015 01:12 EDT

Crise diplomatique entre Mauritanie et Algérie autour d'un article sur la drogue venant du Maroc

Un diplomate mauritanien en poste à Alger déclaré persona non grata est rentré dans son pays dimanche soir, quatre jours après l'expulsion d'un diplomate algérien à Nouakchott à la suite d'un article sur la drogue en provenance du Maroc, a-t-on appris lundi de sources concordantes.

Le directeur de publication du site mauritanien Al-Bayan, Moulaye Brahim Ould Moulaye M'Hamed, a été placé la semaine dernière sous contrôle judiciaire par le parquet de Nouakchott après avoir été entendu par la police pour diffusion de "mensonges et fausses allégations" portant atteinte aux relations avec le Maroc, selon une source de sécurité mauritanienne.

Le premier conseiller de l'ambassade d'Algérie, Belkacem Cherouati, est soupçonné d'être à l'origine de l'article affirmant que la Mauritanie s'est plainte à l'ONU d'être inondée de drogue en provenance du Maroc par sa frontière nord, a expliqué cette source de sécurité sous couvert d'anonymat.

Peu après, l'Algérie a déclaré dimanche persona non grata le conseiller chargé des affaires de sécurité à l'ambassade de Mauritanie, qui est rentré à Nouakchott dimanche soir, ont indiqué des sources diplomatiques mauritaniennes à l'AFP.

Ces deux expulsions ont été confirmées officiellement lundi par le ministère algérien des Affaires étrangères à l'agence APS.

L'ambassadeur de Mauritanie a reçu dimanche notification de la déclaration non grata d'un de ses diplomates, du même rang que le diplomate algérien expulsé, "en réaction à la décision injustifiée de la Mauritanie", selon le ministère cité par l'APS.

Les autorités mauritaniennes ont démenti l'article, renvoyant au rapport sur le Sahara occidental présenté le 10 avril par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon au Conseil de sécurité sur la tournée dans la région de son émissaire personnel Christopher Ross, en février et mars.

Selon ce document, à Nouakchott le président Mohamed Ould Abdel Aziz a "appelé l'attention sur certaines des retombées négatives du conflit, en particulier l'arrivée d'une quantité considérable de résine de cannabis aux frontières du nord de son pays, en transit vers le Mali et au-delà".

"Il a souligné que ce phénomène constituait une menace sérieuse pour la sécurité de tous les pays de la région sahélo-saharienne, car il contribuait au financement de groupes criminels, extrémistes et terroristes", poursuit le rapport.

Le Sahara occidental, ex-colonie espagnole contrôlée par le Maroc, est revendiqué par les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l'Algérie, un conflit dans lequel la Mauritanie affiche une "neutralité positive".

Le Maroc est un des principaux pays producteurs de cannabis au monde, mais les autorités du royaume assurent lutter contre cette activité qui fait vivre plus de 700.000 Marocains, selon le ministère de l'Intérieur.

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