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27/04/2015 14:32 EDT | Actualisé 27/06/2015 01:12 EDT

Condamnée en Italie pour le rapt d'un imam, une ex-agente de la CIA réclame sa réhabilitation

Une ancienne agente de la CIA, condamnée par la justice italienne pour le rapt en 2003 à Milan d'un imam égyptien, a demandé lundi sa réhabilitation en arrivant au Portugal, a annoncé son avocat français à l'AFP.

Cet enlèvement en pleine rue imputé à l'agence de renseignements américaine dans un pays étranger et ami avait provoqué un scandale en Italie.

En septembre 2012, la Cour de cassation italienne avait confirmé des peines allant de sept à neuf ans de prison pour 22 agents de la CIA et un officier des forces armées, tous américains et tous en fuite aux yeux de la justice italienne.

Parmi eux, figurait Sabrina de Sousa, qui a nié son implication dans l'enlèvement. L'ex-agente de la CIA est rentrée au Portugal en provenance d'un lieu inconnu.

"Ressortissante portugaise et américaine", elle "est arrivée" lundi à Lisbonne accompagnée par l'eurodéputée portugaise Ana Gomes et son avocat français, Me William Bourdon, a fait savoir ce dernier à l'AFP dans un communiqué.

Elle "est désormais au Portugal pour reconstruire sa vie et elle a demandé à ses avocats de la laver de toutes les accusations injustes qui pèsent contre elle", a-t-il ajouté.

Me Bourdon a aussi fait valoir que sa cliente, démissionnaire en 2009 de la CIA, dont elle avait condamné le manque de soutien, a été jugée en son absence en Italie, "sans aucune garantie de son droit à un procès équitable".

L'imam égyptien Abou Omar, de son vrai nom Osama Hassan Nasr, avait été enlevé dans une rue de Milan le 17 février 2003 au cours d'une opération coordonnée entre les services italiens (Sismi) et la CIA, puis transféré en Egypte, où il avait été torturé selon ses avocats.

Le procès était hautement symbolique car c'était le premier en Europe sur les transfèrements secrets par la CIA de suspects vers des pays connus pour pratiquer la torture, après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

L'un des anciens responsables de la CIA condamné par la justice italienne, Robert Lady, avait été arrêté au Panama en 2013 mais il avait pu rentrer aux Etats-Unis sans être extradé en Italie, provoquant l'amertume du gouvernement à Rome.

En revanche, le président italien Giorgio Napolitano avait concédé la grâce à Joseph Romano, responsable de la base américaine d'Aviano d'où l'avion transférant l'imam vers son pays était parti. Cette décision, au bénéfice de l'unique militaire du Pentagone et de l'Otan condamné dans cette affaire, avait été saluée par les Etats-Unis.

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