POLITIQUE
27/04/2015 12:36 EDT | Actualisé 27/04/2015 12:36 EDT

Des Canadiens coincés au Népal dénoncent l'incurie d'Ottawa

Rescue workers remove debris as they search for victims of earthquake in Bhaktapur near Kathmandu, Nepal, Sunday, April 26, 2015. A strong magnitude 7.8 earthquake shook Nepal's capital and the densely populated Kathmandu Valley before noon Saturday, causing extensive damage with toppled walls and collapsed buildings, officials said. (AP Photo/Niranjan Shrestha)
ASSOCIATED PRESS
Rescue workers remove debris as they search for victims of earthquake in Bhaktapur near Kathmandu, Nepal, Sunday, April 26, 2015. A strong magnitude 7.8 earthquake shook Nepal's capital and the densely populated Kathmandu Valley before noon Saturday, causing extensive damage with toppled walls and collapsed buildings, officials said. (AP Photo/Niranjan Shrestha)

Des Canadiens qui demeurent coincés au Népal au surlendemain du violent séisme qui a frappé le pays pestent contre l'incurie du gouvernement fédéral qui, disent-ils, ne fait absolument rien pour leur venir en aide.

L'un d'eux, Denis Prud'homme, a expliqué à ICI RDI, lundi matin, qu'il a trouvé refuge sur le terrain d'un club récréatif appartenant à l'ambassade américaine, d'où il attend avec impatience des nouvelles d'Ottawa.

« Mes collègues canadiens et québécois, on est vraiment déçus du gouvernement actuel parce qu'aucune aide n'a été offerte. Au consulat, on nous fait signer un registre pour nous dire : "on va vous appeler quand on aura quelque chose de plus précis" », dit-il.

M. Prud'homme explique que ses filles ont écrit au ministère des Affaires étrangères en utilisant l'adresse de courriel destinée aux ressortissants canadiens qui ont besoin d'une aide consulaire, mais en vain.

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« Tout ce que j'ai reçu, c'est : "Nous avons bien reçu votre courriel et nous allons mettre votre demande dans votre dossier. Nous complétons votre dossier" », se désole-t-il. Selon lui, les Canadiens qui se sont rendus au consulat canadien à Katmandou n'ont rien appris non plus.

« Le Canada ne fait absolument rien. Même ici, lorsqu'ils font des réunions sur le site, on demande toujours : "Est-ce que le Canada est entré en contact avec vous?" Ils n'ont aucune nouvelle de ce qui se passe pour le Canada. C'est un peu malheureux. »

M. Prud'homme affirme que des pays comme l'Inde, le Bangladesh et la Chine ont réussi à évacuer certains de leurs ressortissants, « alors que le Canada fait la sourde oreille et ne répond pas du tout aux appels des gens qui sont sur place. »

« On dirait que le Canada se traîne les pieds et perd sa réputation de bon élève à l'étranger. » — Denis Prud'homme

M. Prud'homme souligne qu'il est logé à l'heure actuelle sous un chapiteau installé sur le terrain américain, où il bénéficie d'un accès à de l'eau potable, à de l'électricité et même à une connection Internet.

Même son de cloche du côté de Bryan Prince, un résident de Hamilton qui est coincé dans Katmandou avec 25 autres Canadiens, et qui dit avoir trouvé refuge sur un site américain appelé The American Mission Association à Katmandou. On ne sait pas avec certitude s'il s'agit du terrain évoqué par M. Prud'homme.

Contacté par Radio-Canada, M. Prince a répondu dans un bref courriel qu'il était sain et sauf, mais laisse entrevoir son mécontentement. « Merci de vous intéresser à nous plus que notre consulat canadien à Katmandou », écrit-il à la fin de son message.

M. Prince a écrit au ministre des Affaires étrangères Rob Nicholson en fin de semaine. Il expliquait se trouver sur le terrain du consulat canadien avec de « nombreux » autres concitoyens, et soulignait que la situation demeurait périlleuse pour tous en raison des répliques sismiques.

Selon sa conjointe, Joan Keating, M. Prince et son groupe ont quitté le consulat canadien au cours des dernières heures. « C'est tout juste si on ne leur a pas dit de partir », déplore-t-elle dans un courriel envoyé à Radio-Canada. « On leur a dit qu'ils devraient trouver une aire ouverte, loin des immeubles et dormir là ».

Le groupe de son conjoint, dit-elle, est donc allé voir du côté des Américains, qui les a bien traités. « On leur a donné de la nourriture, de l'eau et une toile pour qu'ils puissent dormir en étant protégés de la pluie », explique-t-elle.

Mme Keating dit avoir réservé une place pour son mari et d'autres membres de son groupe à bord d'un avion qui doit quitter Katmandou pour Istanbul, en Turquie, jeudi. Il s'agissait, dit-elle, du « seul vol disponible ».

Émilie-Anne Leroux, qui travaille au Népal pour l'Organisation internationale pour les migrations, abonde dans le même sens que MM. Prud'homme et Prince. La Montréalaise de 28 ans tente de revenir au pays pour être au chevet de son père, qui doit subir une chirurgie cardiaque. Elle a réussi à trouver un billet d'avion, mais seulement pour mercredi, puisque les vols décollant avant sont trop chers pour ses moyens.

« Comparativement à ce que font plusieurs autres pays qui ont des ressortissants au Népal, le gouvernement canadien ne fait à peu près rien », a-t-elle expliqué sur les ondes de CBC. « Ils nous ont envoyé un courriel de Delhi nous disant de nous conformer à ce que demandent les autorités locales. Nous le faisons, bien sûr, parce que nous n'allons pas nous promener en brisant la loi. Nous tentons juste de survivre »

Mme Leroux affirme que des proches de Canadiens au Népal ont appelé la ligne d'urgence des Affaires étrangères, mais qu'ils n'ont obtenu que des réponses laconiques. Elle dit ne pas avoir essayé de le faire elle-même, puisqu'elle n'a entretient aucune illusion à ce sujet. Mas d'autres ressortissants canadiens, dit-elle, se sentent négligés, frustrés, voire « paniqués » parce qu'ils n'ont pas de nouvelles de leur gouvernement.

D'autres pays font « un excellent travail » pour évacuer leurs citoyens, dit-elle. « Pendant ce temps, au Canada, on ne reçoit même pas un coup de fil ».

Au moins 388 Canadiens se trouvent actuellement au Népal, selon le registre du ministère canadien des Affaires étrangères. Ce chiffre n'est qu'une estimation cependant, puisque l'enregistrement est volontaire. Aucun Canadien ne figure au nombre des victimes jusqu'ici. Trois résidents de la région d'Ottawa n'ont cependant pas donné de nouvelles depuis le séisme.

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