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27/04/2015 11:34 EDT | Actualisé 27/06/2015 01:12 EDT

Burundi: affrontements sporadiques entre policiers et manifestants en périphérie de Bujumbura

Des affrontements sporadiques ont opposé lundi policiers et manifestants hostiles à un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, dans le sud de Bujumbura, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Ces affrontements, selon la même source, ont opposé une centaine d'habitants du quartier de Musaga à des policiers déployés pour les empêcher de rejoindre le centre-ville.

Les autorités burundaises ont interdit les manifestations à travers le pays. Mais la société civile et une partie de l'opposition ont appelé la population à braver cette interdiction après l'investiture, samedi, de Pierre Nkurunziza par son parti le Cndd-FDD à la présidentielle du 26 juin.

Lundi après-midi, selon un manifestant qui n'a donné que son prénom, Thierry, la situation a dégénéré quand les manifestants ont voulu franchir un barrage de police pour se diriger vers la très populaire radio RPA, une radio indépendante accusée d'incitation au soulèvement par les autorités et coupée lundi après-midi.

Les affrontements ont alors commencé, les manifestants lançant des pierres en direction des policiers et les policiers des gaz lacrymogènes vers les manifestants. Les forces de l'ordre ont aussi effectué des tirs de sommation à balle réelle.

Au moins un policier a été blessé par des jets de pierres, selon les journalistes de l'AFP. Selon un ambulancier, une personne blessée par balle a été évacuée.

"On ne bougera pas d'ici" jusqu'à ce que le président Nkurunziza renonce, a affirmé le manifestant, Thierry, confirmant la détermination du camp anti-troisième mandat à Bujumbura.

Lundi, l'armée a été déployée pour patrouiller dans les rues de Bujumbura. La police, positionnée en bordure des quartiers périphériques, empêchait elle les manifestants d'avancer vers le centre-ville, resté calme toute la journée.

Dimanche, les manifestations avaient débouché sur des affrontements, en particulier dans le nord de la ville. Deux manifestants sont morts dans les affrontements, et deux autres personnes ont été tuées plus tard dans la nuit, lors de descentes nocturnes perpétrées selon des témoins par des jeunes du parti au pouvoir.

Pour tenter d'étouffer la contestation, les autorités burundaises ont coupé lundi la RPA et arrêté une figure de la société civile en pointe dans les appels à manifester contre le troisième mandat, le défenseur des droits de l'Homme Pierre-Claver Mbonimpa.

Elles ont aussi lancé un mandat d'arrêt contre le principal organisateur, parmi la société civile, du mouvement anti-troisième mandat, Vital Nshimirimana.

Au pouvoir depuis 2005, le chef de l'État briguera en juin un troisième mandat que ses opposants jugent inconstitutionnel et surtout contraire aux accords d'Arusha qui avaient ouvert la voie à la fin de la longue guerre civile burundaise (1993-2006). Son clan juge ce troisième mandat parfaitement légal.

esd-ayv-aud/sba/dom

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