NOUVELLES
27/04/2015 15:22 EDT | Actualisé 27/06/2015 01:12 EDT

Au Yémen, la coalition va allier pression militaire et action politique

La coalition arabe au Yémen a affiché lundi sa détermination à allier pression militaire et action politique pour rétablir l'autorité "légitime" dans le pays en guerre, où les raids aériens visent toujours les rebelles chiites soutenus par l'Iran.

Les Emirats arabes unis, l'un des principaux alliés de l'Arabie saoudite dans la coalition, ont levé le voile sur la nouvelle stratégie des neuf pays arabo-sunnites engagés dans l'opération.

Celle-ci alliera pression militaire et action politique jusqu'au rétablissement de l'autorité "légitime" à Sanaa, a expliqué le prince héritier d'Abou Dhabi, cheikh Mohamed Ben Zayed Al-Nahyane, commandant en chef adjoint des Emirats.

"La nouvelle phase repose sur une stratégie (...) ayant une dimension militaire et qui tend, par une action politique et de développement, à rétablir (l'autorité) légitime au Yémen", a déclaré cheikh Mohamed, cité par le quotidien émirati Al-Ittihad.

Le Conseil des ministres saoudien a lui indiqué que la coalition cherchait, via la nouvelle phase de son intervention baptisée "Redonner l'espoir", à aider "le peuple yéménite à rétablir sa sécurité et sa stabilité, à l'abri de toute hégémonie ou ingérence étrangère destinée à fomenter des troubles et une sédition confessionnelle", dans une allusion à l'Iran chiite.

Téhéran est extrêmement critique de l'intervention lancée le 26 mars par Ryad au Yémen pour venir à bout des rebelles chiites Houthis qui ont conquis de vastes régions, dont la capitale Sanaa, et poussé à l'exil le président Abd Rabbo Mansour Hadi.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui devait rencontrer lundi son homologue iranien Mohammed Javad Zarif, a affirmé qu'il le presserait d'aider à mettre fin aux violences au Yémen, avertissant que l'avenir du pays ne devait pas être décidé par "des parties extérieures".

- 'Traîtrise' -

Le chef des Gardiens de la révolution iranienne, l'armée d'élite du régime, le général Mohammad Ali Jafari, a accusé lundi l'Arabie saoudite de "traîtrise".

"Aujourd'hui, l'Arabie saoudite traîtresse marche dans les pas d'Israël et des sionistes", a affirmé le général. "La dynastie saoudienne est au bord du déclin et de la chute", a-t-il ajouté, en disant espérer que "cela se réalisera rapidement".

Craignant que le conflit yéménite ne s'étende à la région, le Conseil de sécurité de l'ONU a tenu une réunion à huis clos lundi matin sur la crise au Yémen au cours de laquelle il a notamment entendu le dernier rapport de l'ancien médiateur Jamal Benomar.

Les ministres des Affaires étrangères du Conseil de coopération du Golfe (CCG) vont eux se réunir jeudi à Ryad.

En dépit de l'annonce le 21 avril de la fin de la phase intensive de sa campagne aérienne appelée "Tempête décisive", la coalition poursuit ses frappes quotidiennes, en particulier dans le sud.

A Ataq, chef-lieu de la province de Chabwa, ses avions ont bombardé lundi des casernes, ainsi que cinq écoles transformées par les rebelles en entrepôts d'armes et de munitions, selon des sources militaires.

Au moins douze rebelles ou leurs alliés, des militaires fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, ont été tués dans ces raids qui ont détruit notamment des chars et des transports de troupes.

- La garde nationale à la frontière -

Des raids aériens ont aussi visé des positions rebelles à Loder, ville de la province d'Abyane, et à Dhaleh, également dans le sud. Et des frappes aériennes ont eu lieu autour d'Aden et de Taëz, où des affrontements ont fait en 48 heures 17 morts parmi les civils.

L'intensité des combats a poussé des centaines d'habitants à quitter leurs maisons pour chercher refuge dans des secteurs plus sûrs, selon un correspondant de l'AFP.

A Aden, cinq membres d'une même famille ont trouvé la mort dans l'effondrement d'une maison jouxtant un bâtiment public visé par la coalition, selon un responsable provincial, estimant qu'il s'agissait d'une "bavure".

Le 21 avril, Ryad avait prévenu que l'aviation interviendrait contre tout mouvement suspect au sol, malgré l'amorce de la nouvelle phase de sa campagne.

L'agence officielle saoudienne SPA a par ailleurs annoncé que les premiers éléments de la Garde nationale -- corps constitué de 125.000 hommes issus de tribus fidèles à la dynastie des Al-Saoud -- avaient été déployés à la frontière yéménite.

Ils s'ajoutent aux gardes-frontières et aux soldats de l'armée régulière déjà présents.

faw/tm-ak/cbo/vl

Biden ou Trump?
Suivez les dernières nouvelles, les analyses et les sondages dans cette course qui ne cesse de surprendre!