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27/04/2015 18:05 EDT | Actualisé 27/06/2015 01:12 EDT

Attentats de Boston: la défense blâme le frère aîné, demande la perpétuité

La défense a tenté lundi d'éviter la peine de mort à l'accusé des attentats de Boston Djokhar Tsarnaev, blâmant son frère aîné Tamerlan, "obsédé par le jihad", pour le carnage de 2013.

"Aussi horrible que son crime ait été, la prison à vie, confronté à ce qu'il a fait, est le meilleur choix pour tout le monde", a déclaré à propos de Djokhar Tsarnaev, 21 ans, l'un de ses avocats David Bruck. Cela l'empêchera de devenir un martyr, a-t-il ajouté dans sa déclaration d'ouverture, dans la partie finale du procès.

Il l'a présenté comme le "petit frère" entraîné dans la dérive islamiste de son aîné, décédé quatre jours après les attentats, à 26 ans.

Et la journée a de fait été largement consacrée à Tamerlan Tsarnaev.

Il était "consumé par le jihad", a déclaré l'avocat, racontant que Tamerlan s'était rendu en Russie en janvier 2012, pour essayer de rejoindre le jihad, avant de rentrer aux Etats-Unis six mois plus tard.

Les premiers témoins de la défense ont esquissé le portrait d'un jeune musulman arrogant et colérique, passionné de boxe, ayant du mal à s'intégrer dans son nouveau pays, et qui s'était radicalisé au fil de ses échecs, devenant gros consommateur de vidéos islamistes sur internet.

"Si Tamerlan n'avait pas été là, Jahar aurait-il fait ça tout seul?", a interrogé M. Bruck, utilisant le surnom affectueux donné par ses amis à Djokhar Tsarnev.

L'avocat a aussi raconté la famille Tsarnaev, d'origine tchétchène, culture où l'autorité est incarnée par le père, ou à défaut le frère aîné. Après des années d'errance, du Kirghizstan au Daguestan, elle était venue s'installer dans la région de Boston en 2002.

Mais son rêve américain ne dure pas. Le père Anzor, qui répare des voitures, tombe malade. La mère Zubeidat se radicalise, se met à porter le hijab, entraîne Tamerlan dans cette voie.

Dans ces "turbulences", Djokhar grandit comme il peut. "C'était un bon gamin. Un bon élève au lycée", a souligné l'avocat.

- Tamerlan avait le pouvoir -

Ses parents repartent en Russie en 2012, et Tamerlan devient le seul adulte de référence pour Djokhar.

Tamerlan avait "le pouvoir" sur Jahar, a insisté l'avocat. Et "quand Tamerlan a commencé à sortir du chemin, il a entraîné son jeune frère avec lui".

Un imam, Loay Assaf, a évoqué l'agressivité de Tamerlan. A deux reprises en 2012 et 2013, il l'avait furieusement interrompu à la mosquée de Cambridge (banlieue de Boston), quand l'imam avait parlé de Thanksgiving et de Martin Luther King. Des sujets qui, selon Tamerlan, n'étaient pas "islamiques".

Judith Russell, la mère de la jeune veuve de Tamerlan Tsarnaev, Katherine, a aussi raconté à la barre son "obsession" pour l'islam et la politique.

Il voulait toujours parler "de l'influence de ce pays et du mal (qu'il faisait) aux pays musulmans", a-t-elle dit.

Tamerlan avait peu d'amis. Quelque 90 emails ont été retrouvés dans sa boite email, contre plus de 5.000 pour Djokhar, selon un expert.

Un autre témoin a aussi affirmé que par rapport à Tamerlan, Djokhar Tsarnaev ne montrait pas d'agressivité.

Il a été reconnu coupable le 8 avril des attentats qui avaient fait 3 morts et 264 blessés le 15 avril 2013 lors du marathon de Boston.

Les procureurs ont demandé la peine de mort, et cette deuxième partie du procès est destinée à fixer sa sentence.

Moins de 20% des habitants de l'Etat du Massachusetts, où se trouve Boston, y sont favorables, selon un nouveau sondage publié par le Boston Globe. Ce pourcentage était de 33% en septembre 2013, et de 26% juste après que Tsarnaev eut été reconnu coupable.

La défense devrait prendre deux semaines.

Tsarnaev, assis entre ses deux avocates, reste impénétrable, se touchant parfois les cheveux, écoutant sans émotion apparente.

Les 12 jurés devront être unanimes pour imposer la peine de mort. Si un seul juré a des doutes, ce sera la prison à vie.

Lundi, la défense a montré une photo de la prison de très haute sécurité, dans le Colorado, où le jeune musulman finira ses jours s'il est condamné à perpétuité.

La punition durera "des années et des années", a insisté l'avocat David Bruck. "On n'en entendra plus parler. Et il ne sera pas un martyr", a-t-il ajouté.

bd/are

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